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Angola

Une guerre civile de près de 30 ans

1 oct 2017 | PAR Bernard Lugan | N°323
La guerre, à laquelle ont pris part Cuba et l’Afrique du Sud, a ravagé le pays. Guerre Angola (Stocklib/Yolanda Van Niekerk
L’histoire d’une guerre qui a porté au pouvoir le mouvement marxiste MPLA grâce au soutien de la communauté internationale et à l’abandon de l’emblématique leader Jonas Savimbi par ses anciens alliés américains et français

La guerre civile angolaise a éclaté en 1975, au moment de l’indépendance du pays quand les communistes, alors au pouvoir à Lisbonne à la suite de la « révolution des œillets », installèrent le MPLA (Mouvement populaire de libération de l’Angola), mouvement marxiste à la tête du pays. Contre le MPLA, qui avait pour base ethnique les Kimbundu (environ 25% de la population) et dont l’encadrement était fourni par les métis lusophones côtiers, se dressa l’Unita, mouvement des Ovimbundu, ethnie rassemblant environ 40% de la population du pays. Une guerre de près de 30 ans venait de débuter. Le 22 octobre 1975, l’armée sud-africaine déclencha l’opération « Zoulou », destinée à empêcher la prise du pouvoir par le MPLA. Les Sud-africains avancèrent jusqu’aux portes de la capitale avant de devoir se replier devant la réprobation internationale. Le 5 novembre 1975, le bloc soviétique déclencha l’opération Carlotta et une noria d’avions gros porteurs achemina un corps expéditionnaire cubain destiné à soutenir le MPLA. Le conflit s’était internationalisé. Le 11 novembre 1975, l’indépendance fut proclamée dans le plus total chaos. À Luanda, le MPLA proclama la République populaire d’Angola alors qu’à Huambo, dans le centre du pays, l’UNITA et le FNLA (mouvement émanation des Bakongo) proclamaient la République démocratique d’Angola. De 1975 à 1983, les combats furent incessants et, au mois de février 1981, l’UNITA et les Sud-africains remportèrent une importante bataille à Mavinga où plusieurs unités blindées cubaines furent détruites. En mai 1988, les FAPLA (l’armée du MPLA) et l’essentiel du corps blindé cubain se replièrent à Cuito Cuanavale qui fut assiégée par l’armée sud-africaine. Le 5 août 1988, un cessez-le-feu fut signé entre Cuba, le MPLA et l’Afrique du Sud, mais l’UNITA déclara qu’elle n’était pas concernée par cet accord. 

LA FIN DE JONAS SAVIMBI

Le 22 décembre 1988, le Traité de New York conclu entre Cuba, l’Angola et l’Afrique du Sud stipulait le rapatriement des soldats cubains alors présents en Angola. Le cessez-le-feu fut officiel à partir du 31 mai et des élections libres étaient prévues. Le 26 août 1991, la République populaire d’Angola devint la République d’Angola et, les 29 et 30 septembre 1992, les élections générales prévues par les accords de paix eurent lieu, mais Jonas Savimbi, le chef de l’UNITA, en contesta le résultat. Le 29 octobre 1992, se produisirent les « massacres de la Toussaint » quand les miliciens du MPLA attaquèrent les hôtels abritant les cadres de l’UNITA qui furent assassinés. La troisième guerre d’Angola éclata alors. Entre les mois de décembre et de septembre 1993, l’UNITA eut l’avantage. Le 6 mars 1993, après 55 jours de combats acharnés, ses hommes s’emparèrent de la ville de Huambo. À la fin du mois d’août 1993, I’UNITA fut à son apogée puisque 75% de l’Angola était alors sous son contrôle. Des accords de paix furent signés en 1994 à Lusaka, capitale de la Zambie, mais l’UNITA, qui s’estimait lésée, ne se décida jamais à les appliquer. Parallèlement, le gouvernement Dos Santos mena une habile politique diplomatique, réussissant à isoler Jonas Savimbi qui fut abandonné par ses anciens alliés américains et français. La communauté internationale, alléchée par les immenses découvertes pétrolières « offshore » qui s’additionnaient dans le nord de l’Angola, décida de sanctionner le mouvement de Jonas Savimbi qui refusait de désarmer. Le 12 juin 1998, le conseil de sécurité de l’ONU vota un embargo à l’encontre de l’UNITA et, le 28 juillet, la communauté européenne prit à son tour des sanctions se rangeant ainsi aux côtés du régime Dos Santos. En juillet 1999, l’ONU lança un mandat d’arrêt contre Jonas Savimbi pour rébellion, sabotage et tueries après que deux avions de l’ONU eurent été abattus par l’UNITA. Désormais seul et traqué, il fut tué au combat le 22 février 2002. Le 30 mars 2002, le mouvement qu’il avait créé faisait sa reddition.

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