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Comores

Une politique énergétique toujours en souffrance

La France soutient avec l’Europe des projets énergétiques photovoltaïques pour les villages. Mais la société publique d’eau et d’électricité a besoin d’une bonne gouvernance. - Stocklib

Nommé en 2012, Oumara M’Gomori vient d’être révoqué de son poste de directeur de MAMWE, la société publique d’eau et d’électricité, qui semble ingérable. Et pourtant, des bailleurs de fonds sont prêts à soutenir une politique énergétique.

 

 

Comment remettre sur pied une société d’État en déroute quand on ne dispose ni des moyens financiers nécessaires aux investissements prioritaires ni du soutien de son personnel ? C’est la question à laquelle s’est heurté Oumara M’Gomori en voulant instaurer une politique de bonne gouvernance au sein de MAMWE. Cet énième épisode dramatique intervient au moment où les bailleurs de fonds (la Banque africaine de développement en tête) s’intéressent à la situation énergétique aux Comores… Une fois de plus, des investissements vont être annoncés, des études menées, des experts payés, des constats et remèdes en tous genres prodigués… Une fois de plus (comme pour l’eau), les moyens financiers octroyés ne seront pas utilisés à plus de 50%... Car il est impossible de gérer MAMWE depuis des décennies aux Comores.
Tout le monde international y va de sa contribution (plus ou moins généreuse et intéressée). La France soutient avec l’Europe des projets énergétiques photovoltaïques pour les villages. Les Chinois offrent des groupes électrogènes (toujours pas raccordés au réseau) qui démarrent au gazole. Les Indiens proposent une centrale fonctionnant au fioul lourd. D’autres viennent avec des projets de géothermie ou d’éolien. Chaque « politicien » soutient son projet et mise sur son « cheval », espérant sans doute au passage plus que la simple satisfaction de voir améliorer la situation de ses compatriotes… Le comorien « lambda », lui, n’attend plus rien. Dans les villages, la situation est catastrophique avec seulement quelques heures de courant par semaine. L’exode rural massif vers la capitale Moroni est la conséquence la plus visible après la fermeture des entreprises villageoises. L’économie se concentre à Moroni et dans sa périphérie, asphyxiant totalement cette ville qui regroupe aujourd’hui l’ensemble des activités économiques et humaines de Grande Comore. Mais saturés de longue date, les réseaux de distribution ne tiennent plus. Aux problèmes d’entretien des lignes se sont ajoutés les piratages en tous genres. Les problèmes sont tels aujourd’hui que Moroni ne bénéfice plus à son tour que de quelques heures de courant par jour. À peine mieux parfois que Mutsamudu, à Anjouan, où office la société Electricité d’Anjouan.

Comment gérer un tel problème sans remettre à plat sérieusement l’ensemble des paramètres et cesser d’ajouter des rustines aux rustines ? Il faut repartir sur des schémas nouveaux où le photovoltaïque et les énergies renouvelables auront leur place… La première ! Car la moins chère en fonctionnement pour un pays qui ne dispose d’aucunes ressources immédiates pour financer ses achats d’hydrocarbures. La plus propre aussi pour l’environnement (le tourisme pouvant être l’un des rares débouchés des Comores). Il s’avère nécessaire également de décentraliser les sites de production aux îles et aux villages.

 

 

 

 

 

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