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Réunion

Une stratégie de développement pour le fret

1 fév 2017 | PAR La rédaction | N°316
En ce début d’année 2017, le directeur du terminal fret peaufine cette stratégie en prenant en compte les perspectives de croissance qui demeurent limitées à l’import mais offrent de réelles opportunités à l’export.

« Roland Garros est l’un des derniers aéroports de France à ne pas avoir externalisé son activité fret et il n’a aucune raison de le faire, puisqu’elle est rentable », se félicite Marc Lauret. En ce début d’année, le directeur du terminal fret s’attelle à une nouvelle tâche : la définition d’une stratégie de développement du cargo. « Il nous faut construire une image de performance pour montrer ce que nous savons faire, explique-t-il. En matière de trafic, les perspectives de croissance à l’import sont limitées, les soutes des avions en provenance de Paris sont pleines tout au long de l’année. L’ouverture du Mayotte-Paris direct par Air Austral, en juin 2016, a toutefois libéré des capacités et l’arrivée de FrenchBlue va nous apporter une bouffée d’oxygène. La voie de progrès réside plutôt dans le fret export, puisqu’il y a de la place dans les soutes à la remontée la plupart du temps. » Sauf en fin d’année, quand les fruits saisonniers (letchis et ananas ) arrivent à maturité. Les producteurs se heurtent alors à un manque criant de capacité, à tel point qu’en décembre, leur association interprofessionnelle a affrété à deux reprises un Boeing 777 cargo d’Ethiopian Airlines pour acheminer à chaque voyage 95 tonnes de fruits vers Rungis.

CHANTIERS INFORMATIQUES

Plusieurs autres chantiers sont en cours au fret. Le terminal s’efforce d’améliorer régulièrement les conditions de travail de son personnel, exposé à des tâches très physiques, générant leur lot de troubles musculo-squelettiques. Après la création de fosses de dépalettisation dotées de tables élévatrices, permettant de saisir les colis à hauteur d’homme, un nouvel investissement est à l’étude : la mise en place d’un système d’aspiration pneumatique qui réduira encore la pénibilité de la manutention. Mais le gros dossier de 2017, pour Marc Lauret et son équipe, touche aux équipements informatiques. Le logiciel de gestion du terminal (Warehouse Management System) va être renouvelé, de manière à assurer la traçabilité des colis en temps réel et la dématérialisation des échanges de données. Dans un second temps, la Société Aéroportuaire se dotera d’un outil informatique communautaire (Cargo Community System), en même temps que ses partenaires et clients : les douanes, les compagnies aériennes, les transitaires et les transporteurs routiers. De précieux gains de temps et des livraisons plus rapides sont attendus de ce partage des informations en ligne. 

LE FRET EN CHIFFRES
En 2016, l’aéroport Roland Garros a traité 26 775 tonnes de marchandises : 18 036 à l’import et 8 688 à l’export. Si le déséquilibre reste très important entre les tonnages débarqués et les tonnages embarqués, il s’est réduit depuis deux ans grâce à une conjoncture agricole très favorable. La production de fruits tropicaux destinés aux tables européennes a été excellente et surtout suffisamment précoce pour embarquer avant les fêtes. Elle a alimenté près de la moitié des expéditions annuelles, en tonnage, en 2015 et 2016, l’autre composante principale du trafic étant constitué par la poste, les déménagements et les marchandises diverses, auxquelles s’ajoutent plus de 500 tonnes de poisson frais.
82% des marchandises traitées sur l’année ont voyagé dans les soutes des avions des lignes régulières, 18% dans celles des avions cargo. Air France (37% du marché) et Air Austral (35%) sont les principaux transporteurs de marchandises sur la plateforme, devant Corsair et Air Mauritius (13% des tonnages chacune).
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