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VÉLO À ASSISTANCE ÉLECTRIQUE : La location longue durée plébiscitée

31 oct 2021 | PAR Bernard Grollier | N°362
La Semto - qui exploite le réseau Kar Ouest - a lancé le 16 septembre Mobi’Ouest, un service qui offre la possibilité de louer un vélo à assistance électrique. ©Semto
La liste d’attente pour louer un vélo à assistance électrique d’Altervélo, à Saint-Pierre, compte déjà 1 500 noms. Celle de Mobi’Ouest, qui a démarré son service en septembre, est déjà conséquente. Les Réunionnais se ruent sur une offre aux tarifs imbattables.

Disposer d’un vélo à assistance électrique (VAE) de qualité et régulièrement révisé pour 35 euros le mois, parfois moins si l’on dispose d’une carte de bus ou si l’on souscrit un contrat trimestriel : des centaines de Réunionnais ont compris l’intérêt de la formule et adhèrent à ces services proposés aujourd’hui par Altervélo, dans le Sud, et Mobi’Ouest, à Saint-Paul. 

Comme pour le bus électrique, la Communauté intercommunale des villes solidaires (Civis) a décidé de défricher le terrain il y a plusieurs années en demandant à la Société d’économie mixte des transports (Semittel) de préparer une offre de location longue durée de VAE. « Les mobilités douces sont un des moyens, avec le développement des transports en commun et du covoiturage, de résoudre le problème de la congestion routière sur notre territoire, explique Yoguesh Kischenin, directeur des déplacements de l’intercommunalité sudiste. Nous pressentions que la location longue durée de vélos électriques allait marcher, mais pas aussi vite ! » 

Baptisé Altervélo, le service a été lancé en février 2019 avec 35 vélos fabriqués par le français Arcade Cycles. À ce jour, un millier d’exemplaires sont en circulation, au prix de 1,7 million d’euros d’investissement, divers équipements et aménagements compris. Un millier d’autres VAE sont en commande et 1 500 candidats au pédalage assisté patientent sur la liste d’attente ! 

Le Territoire de la côte ouest (TCO) emboîte aujourd’hui le pas à son homologue sudiste. Le 16 septembre, la Semto - qui exploite le réseau Kar Ouest - a lancé Mobi’Ouest, un service qui offre la possibilité de louer un VAE, également de marque Arcade, pendant un à trois mois. 

Cent vingt-cinq vélos constituent la flotte initiale du service… qui le jour même de son ouverture avait enregistré près de deux fois plus de demandes. « Nos clients enfourchent souvent pour la première fois un VAE, constate Bertrand Villette, le manager de l’agence Mobi’Ouest, sur la Chaussée royale à Saint-Paul. Ils veulent le tester pour vérifier que ce mode de déplacement leur convient, notamment pour aller travailler. » 

 

Un QR Code permet, pour les vélos en libre service d’Altervélo, de déverrouiller à partir de son smartphone le cadenas qui relie le vélo à la station.
Un QR Code permet, pour les vélos en libre service d’Altervélo, de déverrouiller à partir de son smartphone le cadenas qui relie le vélo à la station.  Photo : Guillaume Foulon
 

« Nous offrirons la possibilité de renouveler la location jusqu’à 12 mois seulement, précise Georges Payet, directeur du marketing et du développement à la Semto. Nous ne voulons pas concurrencer les opérateurs privés, nous souhaitons au contraire qu’une expérience réussie du VAE en location soit suivie d’un acte d’achat. » 

Bientôt à Saint-Denis 

Incitées à agir par la loi d’orientation des mobilités, les autres intercommunalités observent les premières expériences de location de deux-roues électriques du Sud et de l’Ouest, certaines s’apprêtent à franchir le pas.

Dans les prochaines semaines, la Sodiparc proposera ainsi aux habitants de la Communauté intercommunale du nord de La Réunion (Cinor) 50 premiers vélos. Le P-DG de la Sodiparc, Gérard Françoise, est aussi un ancien cycliste qui milite depuis longtemps pour la petite reine dans le chef-lieu : il fut à l’initiative des premières voies cyclables tracées rue du Général-de-Gaulle. Le premier point de location se trouvera au siège de Citalis, au Chaudron, d’autres devraient ouvrir au niveau du Petit Marché et du pôle d’échanges Aquanor, à mesure que l’offre de Citalvélo montera en charge, jusqu’à atteindre l’objectif fixé à 2 000 vélos. Sodiparc, comme Altervélo et Mobi’Ouest, a opté pour des modèles Arcade. « Nos sociétés d’économie mixte s’entendent bien, nous échangeons beaucoup, se félicite Gérard Françoise. Si tout le monde se dote de la même flotte, nous ferons des économies d’échelle. » 

Une offre de vélo en libre-service est également en gestation dans le chef-lieu, portée par un privé dont Citalis sera partenaire. Pour le P-DG de la Sodiparc, le développement de l’offre de VAE procède de la même logique de la gratuité que la carte de bus Citalis pour les jeunes de moins de 20 ans (bientôt pour les moins de 26 ans) : faire prendre des bonnes habitudes de mobilité alternative à la voiture.

Swav veut lancer le « free-floating »

Connaissez-vous le free-floating ? Cette nouvelle forme de mobilité partagée consiste à mettre à disposition du public des moyens de locomotion - principalement des deux-roues - sans qu’ils soient attachés à une borne. L’abonné au service les débloque avec son smartphone, les utilise à son gré et les laisse à l’endroit de son choix, où un autre utilisateur prendra le relais. 
Le groupe Citadelle, concessionnaire multi-marques aux Antilles et présent à La Réunion depuis 2017 avec Pneus Cash, est en consultation avec les municipalités de Saint-Denis, Saint- Paul et Saint-Pierre pour lancer une telle offre, baptisée Swav. Scooters, trottinettes et vélos électriques seront proposés entre 20 et 40 centimes la minute, pour un euro de déblocage. « Mais pour cela, nous devons obtenir des permis de stationnement, explique Thibault Rameaux, directeur du développement du groupe Citadelle à La Réunion, et nous devrons sans doute patienter jusqu’au début de l’année prochaine. »

 




Oté Bike, pour une mobilité durable et solidaire


Basée à Sainte-Clotilde, l’Association locale d’insertion par l’économique est connue pour assurer l’assemblage des triporteurs à assistance électrique Wello, mis au point par Arnaud Chéreau. Elle lance aujourd’hui Oté Bike, plateforme de promotion des mobilités douces et durables. Le projet repose sur les « box Oté Bike », des conteneurs recyclés et aménagés en abris à vélos électriques, permettant le stockage de la flotte et la recharge solaire des batteries grâce à des panneaux photovoltaïques. Le premier exemplaire a été présenté lors du salon de l’écologie, mi-septembre à Saint-Denis, deux autres sont en construction. La box peut être louée par une entreprise, une collectivité ou autre entité souhaitant proposer des solutions de transport durable à ses salariés ou ses administrés… La Mission locale de l’Ouest a été la première intéressée, et mettra une vingtaine de VAE et quelques Wello à disposition de son public. Les box Oté Bike vont également servir de support à des « ateliers de la mobilité douce » dans les quartiers, au cours desquels des « diagnostics mobilité » seront proposés. L’absence de solution de déplacement est en effet un frein fréquent à la recherche d’un emploi et à l’insertion ; disposer d’un VAE peut parfois tout changer.


 

L’atelier de maintenance d’Altervélo.
L’atelier de maintenance d’Altervélo.  Photo : Guillaume Foulon
 

VAE en libre-service : l’inconnu du vandalisme 

Altervélo a lancé le 12 août une offre de vélos électriques en libre-service, sur 10 stations (7 à Saint-Pierre, 3 à Saint-Louis). Les 50 vélos, qui sont devenus 80 fin septembre, sont d’un modèle légèrement différent que ceux proposés en location longue durée, pour éviter la casse et la dégradation. La formule vise à répondre à des besoins de mobilité ponctuels, pour des petites courses en centre-ville. Elle nécessite de contracter au préalable un abonnement et de télécharger une application, le smartphone permettant de déverrouiller les cadenas qui relient les vélos à la station, mais aussi de savoir à quelle station des VAE sont disponibles. 
Altervélo a fait le choix d’une infrastructure légère. En fonction des usages constatés et de la demande, des stations pourront être déplacées ou créées facilement. Le système n’est pas complètement déshumanisé : un opérateur vérifie les vélos quotidiennement et assure le réassort des batteries, qui ne sont pas chargées sur les stations mais au centre technique de Pierrefonds. 
La Civis, qui a investi 350 000 euros dans l’opération, se donne six mois pour tirer les leçons de cette expérimentation, avec un point de vigilance majeure : le vandalisme. Dès les premières semaines, des actes de dégradation ont été constatés. Des cadenas ont été forcés, mais les premiers VAE volés ont tous été retrouvés. Leur assistance électrique ne pouvant fonctionner sans un déblocage dans les règles, ils sont rapidement abandonnés. Altervélo espère que les voleurs se décourageront rapidement, et que le coût des dégradations ne viendra pas remettre en cause la pérennité du libre-service.
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