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Vincent Mahamadaly, pilote de drone et scaphandrier : « Des données sous-marines au centimètre »

1 nov 2018 | PAR La rédaction | N°334
« On dispose ainsi d’une cartographie précise et géolocalisée de ce site. » DR
Vincent Mahamadaly est responsable des acquisitions de données et associé à l’entreprise d’ingénierie géographique Geolab. Son atout est d’être polyvalent : il est aussi pilote de drone et scaphandrier, ce qui en fait l’homme idéal pour l’acquisition de données !

Après avoir passé son bac à La Réunion, Vincent Mahamadaly est parti vivre à Paris pendant douze ans, dont huit comme ingénieur du son en post-production cinéma. Il est revenu sur son île il y a quatre ans et est aujourd’hui responsable des acquisitions de données chez Geolab, une entreprise réunionnaise créée début 2017. Geolab consacre beaucoup de son temps au chantier de la NRL, qui est un gros consommateur de données cartographiques. Un bel exemple de son savoir-faire est la cartographie en 3D du banc des Lataniers commandée par l’entreprise GTOI, mission qui lui avait été confiée avec une autre entreprise réunionnaise, le bureau d’études maritimes Idocéan.
« Dans un premier temps, nous avons réalisé une cartographie par drone aérien pour définir des zones d’intérêt », explique Vincent Mahamadaly. « Dans un second temps, nous avons réalisé des vidéos et un inventaire sous-marin détaillé permettant de préciser les zones avec un fort attrait biologique. Enfin, la dernière phase a consisté en la captation de données photographiques par drone maritime sur ces zones préalablement identifiées. »
Un logiciel de photogrammétrie a ensuite été utilisé pour traiter les données et modéliser en 3D. « On dispose ainsi d’une cartographie précise et géolocalisée de ce site sensible, que l’on pourra même visiter, on l’espère, avec un casque de réalité virtuelle ! Il sera intéressant de faire des relevés régulièrement, pour suivre son évolution dans le temps, ou lors d’événements exceptionnels, comme par exemple après le passage d’un cyclone pour quantifier les changements. » 
Geolab n’en est pas à son coup d’essai. Il a réalisé pour le comité de plongée Réunion (Comité régional d’études et de sports sous-marins) la reconstitution 3D de l’Antonio Lorenzo, l’épave d’un palangrier pirate qui pêchait illégalement la légine dans les eaux australes et qui avait été coulé à Saint-Leu. Au lieu de le laisser pourrir dans le port, la Justice a ordonné son immersion au large pour servir de site de plongée, en échange d’un suivi environnemental. Il repose au large de la pointe des Châteaux, sur son flanc babord, par 38 mètres de fond. « Geolab est aujourd’hui une des quinze entreprises au monde capables de faire de la photogrammétrie sous-marine au niveau centimétrique  », fait valoir Vincent Mahamadaly. Vincent, ne pouvait pas ne pas s’impliquer à fond dans tout ce qui est mesures de lutte contre le bruit sur le chantier : « Le bruit sous l’eau peut être gênant pour les espèces marines, par exemple lors d’opérations ponctuelles comme des tirs de fragmentation de roche. Il y a des protocoles très stricts à respecter et qui font l’objet de contrôles de la part du maître d’œuvre (Egis), du maître d’ouvrage (Région Réunion) et des entreprises intervenant sur le chantier, chacun avec ses outils acoustiques. Les résultats sont plutôt bons car les opérations de routine ne dépassent pas les seuils réglementaires. »

Le banc des Lataniers se porte bien
Depuis le début des travaux et pour diminuer l’impact, GTOI a installé une sorte de barrage flottant, un voile qui descend à plusieurs mètres de profondeur, pour empêcher les sédiments produits par le chantier d’atteindre le banc des Lataniers. Le dispositif fonctionne parfaitement et aux dernières nouvelles, le banc des Lataniers se porte bien. 
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