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Vincent Payet, vice-président de la Région Réunion : « À un moment, un film local émergera »

1 nov 2018 | PAR Thierry Chateau | N°334
« Il est important de signaler que chaque euro investi rapporte entre 3 et 4 euros à l’économie locale. » Thierry Château
Le 3ème vice-président, délégué au développement numérique, aux industries de l’image et à l’innovation territoriale, croit fermement dans l’industrie réunionnaise du cinéma. Et ce n’est plus seulement un rêve. Explications…

L’Eco austral : Peut-on dire que votre rêve d’il y a huit ans de mettre en place une vraie filière du cinéma à La Réunion est en train de se réaliser ?
Vincent Payet
: En 2010, nous avions l’ambition de structurer la filière et, aux yeux du plus grand nombre, cela paraissait un rêve inaccessible, même s’il existait déjà une activité économique. En tant que vice-président délégué aux industries de l’image, j’ai voulu y apporter une valeur ajoutée. Il est important de signaler que chaque euro investi rapporte entre 3 et 4 euros à l’économie locale. Car le tournage d’une production cinématographique, c’est la mobilisation de chambres d’hôtel, de véhicules, de restaurants, l’implication de professionnels locaux et le rayonnement de La Réunion dans le monde. C’est l’essence même du dispositif La Réunion, terre d’images et de tournages que nous avons créé.

Pouvez-vous préciser les retombées du travail accompli ?
Nous avons une filière cinéma qui est de mieux en mieux structurée, avec plus de professionnels et plus de tournages, ce qui commence à peser dans l’économie locale. L’objectif est que ce secteur prenne une plus grande place dans l’économie réunionnaise.
Aujourd’hui, nous avons aussi une filière des jeux vidéo avec une association regroupant quinze créateurs. Elle est naissante, il faut la structurer. Grâce au soutien de la Région, deux de ses représentants ont participé au salon Game Connection 2018, le marché des jeux vidéo qui s’est tenu à Paris du 24 au 26 octobre, pour se rendre compte de l’évolution du secteur.

Vous en êtes, cette année, au cinquième éductour La Réunion, terre d’images et de tournages. La formule a-t-elle évolué depuis 2013 ?
Nous avons le même budget en 2018. Mais nous ne faisons pas venir des producteurs simplement pour les faire venir. Nous avons des échanges avec eux, nous discutons et écoutons leurs suggestions. Cette année, il y avait parmi eux des gens qui ont fait de beaux films. La visibilité de l’opération augmente et c’est l’objectif. Nous voulons que La Réunion soit visible sur la mappemonde du cinéma. Lorsque le monde du cinéma se retrouve dans de grands événements, comme à Berlin par exemple, on parle de nous. Au final, l’ensemble de nos invités sont nos ambassadeurs.

En ce qui concerne le nombre de tournages, vous êtes-vous fixé un objectif ?
Il y a un objectif qui est atteint : un long métrage par an. Il y a la série Cut qui s’est installée, il y a des films d’animation qui sortent chaque année… Nous avons aussi des courts métrages et il ne faut pas oublier tout le mécanisme d’aides aux professionnels. 
Notre rôle avec l’Agence Film Réunion, Nexa et l’Ile de La Réunion Tourisme (IRT), c’est plutôt d’agir en facilitateur. Ce qui importe, c’est de valoriser les compétences réunionnaises, la beauté de nos décors et la richesse de nos histoires. Au final, les producteurs sont surtout attirés par les accompagnements qui leur sont proposés. Ils veulent aller là où il y a le moins de contraintes et la meilleure synergie possibles.

Pensez-vous que nous aurons un jour un film 100 % réunionnais qui « cartonne » ?
Lorsque la filière aura atteint sa maturité, cela arrivera forcément. On a passé un cap. Il y a déjà Max Paradise, je peux aussi vous dire que le film que le réalisateur William Cali va sortir sur La Buse est impressionnant… On aura l’adaptation du roman de Daniel Vaxelaire, Chasseurs de Noirs… De notre côté, nous créons des situations pour que cela puisse arriver, en organisant des rencontres entre professionnels, des ateliers de création… Bref, toutes ces actions feront qu’à un moment un film local émergera.

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