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« Whales for Climate » : Globice va lancer un fonds de dotation

18 Jan 2022 | PAR Bernard Grollier | N°364
En moyenne, un grand cétacé séquestre dans sa vie cinq à dix fois plus de carbone qu’un arbre. ©Globice/Anna Nguyen Thai
Les baleines jouent un rôle majeur dans la séquestration du carbone dans les océans. L’association Globice s’apprête à lancer un fonds de dotation qui financera la protection des grands cétacés.

On ne le sait pas assez : les océans sont les principaux puits de carbone de la planète, grâce au plancton végétal qui le capte et le transforme en oxygène. Le phytoplancton absorbe à lui seul quatre fois plus de carbone que la forêt amazonienne ! 
Et on le sait encore moins : les grands cétacés jouent un rôle majeur dans ce mécanisme. Les déjections des baleines, cachalots et autres rorquals contiennent en effet des nutriments indispensables au développement du phytoplancton, lui-même à la base de la chaîne alimentaire. Il nourrit notamment le zooplancton, ce krill dont les baleines font grande consommation. Elles stockent d’énormes quantités de carbone, qui restent dans leur carcasse pendant des centaines d’années quand elles meurent et sombrent dans les abysses.
« En moyenne, un grand cétacé séquestre dans sa vie cinq à dix fois plus de carbone qu’un arbre. Plus leurs populations seront protégées et grossiront, plus leur action bénéfique pour le climat sera importante », résume Jean-Marc Gancille, responsable communication et développement de Globice. L’association, qui oeuvre depuis vingt ans à la protection des baleines à bosse et anime leur plan de conservation à La Réunion, s’est intéressée à la valorisation financière de cette fonction écosystémique. Impossible de compter sur le mécanisme de la compensation carbone qui ne s’applique aujourd’hui qu’au végétal et à la reforestation. L’idée de Globice était de faire en sorte que les financements fléchés vers l’enjeu climatique profitent également à la cause des baleines. 
L’association a sollicité un bureau d’études spécialisé dans le financement des actions de conservation marine, Blue Seeds, avec lequel une solution a été imaginée : la création d’un fonds de dotation. Cet outil bénéficie du régime fiscal du mécénat ouvrant droit à une réduction d’impôt égale à 66 % des sommes versées pour la réalisation d’une mission ou d’une oeuvre d’intérêt général. Les fonds de dotation connaissent un succès certain depuis leur création, en 2008 en France. 
Globice déposera prochainement les statuts de Whales for Climate, qui collectera des fonds pour la protection des cétacés dans l’océan Indien. Ils pourraient ne pas seulement bénéficier à l’association réunionnaise, mais à l’ensemble des membres  du réseau Indocet, qui regroupe les principales structures scientifiques d’étude et de conservation des cétacés du sud-ouest de l’océan indien. 
« Les donateurs, particuliers ou entreprises, feront ainsi d’une pierre deux coups en s’engageant dans des actions locales de préservation de la biodiversité et de lutte contre le changement climatique », souligne Jean-Marc Gancille. Whales for Climate permettra ainsi au secteur privé de suppléer les financements publics, principale ressource des associations de protection des cétacés.

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