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Maurice

Lancement d’Afrinex Exchange, filiale de la Bourse de Bombay

Après la fermeture en 2013 de Bourse Africa, une initiative d’investisseurs indiens pour utiliser Maurice comme porte d’entrée vers l’Afrique, Port-Louis accueille Afrinex Exchange. Cette filiale de la Bourse de Bombay poursuit le même objectif. Mais elle pourrait aussi faire de l’ombre à la Bourse de Maurice.

« (…) Après presque 30 ans (le Stock Exchange of Mauritius – SEM – a été créé en 1989 – NDLR), nous avons une autre bourse. Cela témoigne de l’expansion et de l’approfondissement de notre marché de capitaux. (…) », a souligné Pravind Jugnauth, Premier ministre mauricien, en lançant officiellement les opérations d’Afrinex Exchange. 
Quelques jours après la sortie de Maurice de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) – et avant la très probable sortie de la liste noire de l’Union européenne -, le lancement de cette bourse est un signal fort que veut lancer Port-Louis. « Elle contribuera certainement à positionner davantage Maurice parmi les marchés de capitaux émergents de la région », ajoute le chef du gouvernement. 
Détentrice d’une licence d’opération depuis novembre 2018, Afrinex est une plateforme de valeurs panafricaines disposant d’un système de compensation et de règlement de pointe. Elle cotera des actions et obligations, des produits dérivés et des matières premières. 

 

Harsha Bangari, directrice générale d’Export-Import Bank of India (EXIM) qui, à travers Afrinex Exchange, a levé un milliard de dollars d’obligations sur le marché américain.   ©Droits réservés
 

L’axe Port-Louis-New Delhi

Elle proposera 8 à 13 heures de trading par jour – comparé à 4 heures pour le SEM – soit le trading le plus long d’Afrique. Son système est même capable de pratiquer du continuous trading sur 22 heures. De quoi faire de l’ombre à la Bourse de Maurice qui, ces dernières années, s’est ouverte à des sociétés étrangères et accepte aussi des cotations en dollars et en euros. 
Afrinex bénéficie du soutien de BSE Technologies Ltd (filiale de BSE Ltd, la Bourse de Bombay) qui lui fournit une plateforme de cotation, d’échange, de règlement et de compensation à la pointe de la technologie. Afrinex ambitionne d’ailleurs d’attirer des sociétés indiennes pour y être cotées et utiliser Maurice pour aller en Afrique. Son lancement a été marqué par la cotation d’obligations 144A (parts de dette proposées seulement à des investisseurs basés aux États- Unis – NDLR) d’Export-Import Bank of India (EXIM) pour un milliard de dollars. 
« Cette opération a atteint un niveau record pour un émetteur indien dans le cadre d’une émission à 10 ans en dollars. L’émission a été sursouscrite 3,5 fois par plusieurs investisseurs de qualité. Avec la cotation de cette obligation, Afrinex a servi de passerelle pour élargir notre base d’investisseurs, tout en fournissant une plus grande liquidité à l’obligation. Cela permettra également d’accroître la portée d’EXIM sur le continent africain ainsi que dans le reste du monde », précise Harsha Bangari, directrice générale de cette institution financière qu’on pourrait comparer à la Proparco, le bras armé de l’Agence française de développement (AFD).
Pour Nandini Singla, haut-commissaire (ambassadeur – NDLR) de l’Inde à Maurice, présente lors du lancement officiel, « Afrinex peut changer la donne, pas seulement pour Maurice, l’Inde ou l’Afrique, mais pour le monde entier (…) Et cette bourse occupe une position unique pour définir les contours d’un corridor entre Maurice et la GIFT City (acronyme de Gujarat International Finance Tech, une ville dédiée aux nouvelles technologies – NDLR), ce qui peut accroître les services qu’offre le centre financier de Maurice ». 

La Bourse de Bombay
 

Créée en 1875, la Bombay Stock Exchange (BSE) est l’une des plus anciennes bourses asiatiques. Avec 2 800 milliards de dollars de capitalisation, c’est actuellement la neuvième plus grande place boursière au monde. Et selon Goldman Sachs, le marché boursier indien pourrait atteindre plus de 5 000 milliards de dollars et devenir le cinquième plus important au monde d’ici 2024.
Source : www.capital.fr.