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Réunion

ALEX HOW-CHOONG : « Il y a énormément de choses à faire dans l’agroalimentaire »

Président de la CCI Réunion puis conseiller régional en début de carrière, Alex How-Choong livre sa vision du développement du Sud : il est en marche grâce au potentiel du territoire mais sera lié à la capacité de La Réunion à se projeter dans l’avenir.

L’Éco austral : En tant qu’entrepreneur sudiste, comment voyez-vous l’avenir de la microrégion ?
Alex How-Choong
: Mon crédo est le développement de La Réunion, pas seulement celui du Sud. À la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), puis à la Région, j’ai toujours eu une vision globale de l’île, dont le territoire doit être développé et l’espace géré de façon équilibrée et complémentaire. Cela dit, le Sud et l’Ouest, qui abritent respectivement 35 % et 25 % de la population réunionnaise, représentent une réelle puissance économique. Le Sud est un territoire à très fort potentiel, grâce à son patrimoine agricole et touristique mais aussi ses réserves foncières. Notamment à Pierrefonds, appelée à devenir une zone économique très importante. 
Des activités à fort impact pour La Réunion peuvent être développées dans le Sud. Il y a énormément de choses à faire dans la production et la transformation agroalimentaires, y compris à l’exportation sur des niches de qualité mondiale. Bien sûr, il faudra du volume. Mais dépassons les questions « de la poule et de l’oeuf », du genre : il n’y a pas assez d’hôtels pour remplir les avions, il n’y a pas assez d’avions pour remplir les hôtels, sinon on n’arrivera jamais à rien. Les premières étapes sont les plus difficiles à franchir. Cela peut prendre 10, 15 ou 20 ans et il faut une continuité dans la vision politique.

Et l’aéroport de Pierrefonds ?
N’enfermons pas l’aéroport de Pierrefonds dans un modèle classique, pour lequel il n’a pas la bonne taille. Le transport aérien est en train de changer. On disait que le low-cost n’était pas un modèle valable pour le long-courrier, French Bee a montré que si. Et la baisse des prix fait grossir les marchés. Ici, il est évident que le système qui fait payer 300 ou 400 euros à un passager entre La Réunion et Maurice va craquer un jour. Je suis persuadé que Pierrefonds aura un rôle à jouer dans le transport aérien de demain, s’il permet aux compagnies de baisser leurs coûts.
 

Alex How-Choong, président de Logistisud.
 

Les modes de consommation évoluent dans l’aérien comme dans tous les domaines. La Réunion est-elle prête à s’y adapter ?
Les modes de consommation changent dans le monde entier, les jeunes se détournent des vieux modèles. Ce sont nos enfants qui mettront en place ceux de demain. Des évolutions majeures liées à l’intelligence artificielle ou aux exigences environnementales sont en cours dans les places les plus développées. Elles arriveront évidemment à La Réunion, le monde économique doit s’y préparer. Nous devons comprendre ces tendances de fond et nous projeter dans 10 ou 20 ans. Si La Réunion y parvient, elle aura sa carte à jouer.

Le pionnier de Pierrefonds

« Nous avons amorcé le développement de la zone », admet modestement Alex How-Choong au sujet de l’implantation de Logistisud à Pierrefonds, dès 2009. C’est l’année de l’inauguration de la route des Tamarins qui a révolutionné les déplacements entre l’Ouest – notamment la zone portuaire – et le Sud. Le temps de trajet entre la rivière des Galets et la rivière SaintÉtienne se trouve subitement divisé par deux, voire trois. Le groupe familial How-Choong, jusqu’alors spécialisé dans l’automobile, la gestion des déchets et l’environnement, était alors en quête de diversification. « J’ai saisi une opportunité, poursuit le fondateur l’entreprise qui fait aujourd’hui travailler une centaine de personne sur un site de plus de huit hectares achetés au Syndicat mixte de Pierrefonds. D’un point de vue macroéconomique, il était indispensable de créer un pôle logistique dans le Sud, sinon l’activité ne se serait développée que d’un côté. » Ciblant dans un premier temps l’entreposage frigorifique, Logistisud a trouvé progressivement son équilibre. Ses clients sont essentiellement les enseignes de la grande distribution, qui se font livrer à Pierrefonds des marchandises débarquées sur les quais de Port Réunion ou des soutes des avions, mais aussi de la production locale.