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Réunion

CATHERINE CLASS, FONDATRICE DE « ZOHAL.FR » Elle propulse l’artisanat de La Réunion vers le Japon

En juin prochain, des créations artisanales réunionnaises seront testées sur le marché japonais sur un nouveau site de vente en ligne. Catherine Class (« zohal.fr ») a su convaincre le groupe Yamato, en quête de « french touch » originale.

C’est un coup de maître que vient de réussir Catherine Class, la fondatrice de zohal.fr (voir L’Éco austral n°364, page 87), en association avec la Chambre de métiers de La Réunion. Grâce à elle, en juin et juillet 2022, des artisans réunionnais pourront tester leurs créations sur le marché japonais, via un site de e-commerce dont le groupe Yamato prépare actuellement le lancement.
« J’ai d’abord été contactée par Business France, qui m’a mise en relation avec ce groupe, un géant du transport et de la logistique au Japon, relate Catherine Class. Yamato a l’ambition de créer une plateforme de vente en ligne en mesure de concurrencer Amazon ou Rakuten et cherche en France de nouvelles références dans les domaines du design et de la décoration d’intérieur. » Des domaines qui sont familiers à la jeune dirigeante, puisque Zohal s’est muée en quelques mois en place de marché numérique ouverte aux créateurs locaux désireux de faire connaître et vendre leurs produits. 
Pour apporter une réponse à l’offre venue du Japon, elle s’est d’abord tournée vers le Club Export, qui l’a orientée vers la Chambre de métiers et de l’artisanat avec laquelle le Club travaille à développer l’exportation collaborative. 
« La plateforme de Yamato constitue une belle opportunité pour des petites entreprises qui n’ont pas les moyens d’aller seules à l’international, souligne Catherine Class. Les premières rencontres avec les artisans intéressés ont toutefois fait apparaître une difficulté majeure : celle des quantités. » Yamato a validé mi-décembre la collection de créations qui lui a été présentée.
Le site japonais doit ouvrir en mars 2022, les articles réunionnais seront testés en juin et juillet, avec des petites séries de 50 à 100 pièces. Si l’essai s’avère concluant, il faudra changer d’échelle. « Peu de créateurs sont capables de passer à 500 ou 1 000 pièces par livraison, constate la fondatrice de Zohal. Pour cela, il faudra mettre en place une stratégie à moyen et long termes, obtenir des aides pour acheter des machines et recruter. En attendant, la solution pourrait consister à faire fabriquer une partie des créations dans des ateliers à l’étranger… » 

Mission : rajeunir le Medef 

Le dynamisme de Catherine Class ne laisse pas indifférent. Arrivée à La Réunion il y a deux ans seulement, après un début de parcours dans le privé, puis trois années passées à la direction de la communication et de l’événementiel à Paris&Co, l’agence de développement économique et d’innovation de Paris, elle a été repérée par le Medef. Le 9 décembre dernier, elle a été élue présidente du Comex 40 de La Réunion. Ce nouvel organe de l’organisation patronale a été lancé au niveau national en février 2019 pour mettre en avant les jeunes dirigeants, âgés de moins de 41 ans. La démarche se décline, depuis, sur tout le territoire et c’est à Catherine Class que le Medef Réunion a confié la mission de faire naître le Comex 40 local. « J’avais l’image d’un Medef vieillissant, j’ai été agréablement surprise par ses valeurs et ses idées. Je pense que j’ai été choisie également parce que je suis au carrefour de plusieurs organisations, notamment la French Tech et l’association Défi de Femme, qui accompagne les créatrices d’entreprise », dit-elle. Au-delà du critère de l’âge, elle a cherché à constituer un groupe respectant autant que possible la parité homme-femme et représentatif des activités et des formats d’entreprises du territoire.
La démarche de rajeunissement vise aussi à susciter de nouvelles adhésions et a attirer les très petites entreprises. « Les dirigeants de TPE, souvent isolés, n’imaginent pas que le Medef puisse les aider, poursuit Catherine Class. Moi, le Medef m’a aidée, à trouver des clients, des partenaires, des collaborateurs, en partageant des expériences. Je veux faire du Comex 40 un lieu d’inspiration et de disruption, où les participants viennent prendre de la hauteur et sortir de leurs habitudes, plusieurs fois par trimestre. J’ai une vision de l’entreprise assez différente de celle de dirigeants installés depuis des dizaines d’années dans un modèle classique de business ! »