Développement immobilier : Un moteur de croissance qui a besoin d’être mieux régléAbonné
L’immobilier demeure l’un des piliers de l’économie mauricienne en captant la plus grosse part des investissements directs étrangers (IDE). Surtout en raison de la faible capacité des autres secteurs à en générer. Mais le manque de schéma d’aménagement national se fait sentir et des signes de saturation sont déjà perceptibles.
« Le marché immobilier mauricien se porte globalement très bien », constate François Colin, CEO de Barnes Maurice, l’une des agences majeures et actrice à part entière de l’écosystème. Cette belle santé immobilière est nettement visible dans les régions nord, autour de Grand-Baie, et ouest, autour de Tamarin, « qui demeurent les plus dynamiques et concentrent une large part de l’activité », ajoute François Colin.
Moka, qui attire une clientèle en quête d’un cadre de vie plus contemporain et d’une connectivité accrue, monte en puissance. Mais d’autres zones, dans l’Est notamment ou encore dans le Sud, recèlent un gros potentiel.
« L’immobilier est le seul secteur qui fonctionne à plein régime actuellement à Maurice », constate Ashvin Bukhory, directeur d’Ayaviva et secrétaire de l’EAA, l’association des agents immobiliers. L’État l’a bien compris et dans le Budget 2026-2027, il confirme cette importance tout en introduisant des mesures destinées à mieux encadrer un secteur qui connaît une croissance exponentielle, voire démesurée dans certaines régions.

Pour Novaterra, pôle foncier du groupe sucrier Terra, l’un des plus importants développeurs fonciers, omniprésent dans le Nord, la mesure budgétaire en faveur des primo-acquéreurs démontre que l’accès au logement et à la propriété foncière « demeure une priorité nationale et place la demande locale au centre du marché ». Mais si l’État maintient son soutien aux Mauriciens qui souhaitent faire l’acquisition d’un premier logement, il doit aussi s’assurer, comme le fait ressortir Ashvin Bukhory, que tous les promoteurs soient sur le même pied d’égalité. Or, ce sont souvent les plus petits qui restent les oubliés du développement, ajoute-t-il. D’autant plus que les grandes entreprises possèdent beaucoup de foncier à développer…
Le gouvernement veut un immobilier plus « vert »
C’est surtout sur le front international que les mesures budgétaires restent les plus marquantes. Ainsi, un nouveau dispositif de résidence permanente est proposé aux investisseurs réalisant un investissement minimum d’un million de dollars dans des secteurs comme la finance, les biotechnologies ou les énergies renouvelables. Les facilités administratives et les avantages fiscaux existants, qui font l’attractivité de Maurice, sont maintenus. En revanche, aucun nouveau projet de logement sur des terrains du littoral appartenant à l’État ne pourra être accessible à des acheteurs étrangers. Mais surtout, le Budget 2026-2027 prévoit l’introduction d’un cadre réglementaire qui vise à encourager le développement de bâtiments « verts » avec un accent mis sur la performance énergétique. Cette volonté des autorités d’encourager un développement plus responsable, soucieux des enjeux environnementaux, représente à la fois un défi et une opportunité pour le secteur immobilier mauricien.
Un nouveau profil d’investisseur étranger
Très concurrentiel, le marché de l’immobilier propose des offres variées selon les régions, côtières ou rurales, commerciales ou résidentielles. Tout aussi variée, la clientèle est aussi bien locale, issue de la diaspora, qu’expatriée, mais aussi professionnelle, voire industrielle.
« Ce qui est frappant, c’est l’évolution du profil de l’investisseur étranger. Le contexte international pousse de plus en plus de profils ‘style de vie’ à sérieusement considérer Maurice, des personnes qui cherchent bien plus qu’un simple avantage fiscal », intervient François Colin. Les promoteurs l’ont bien compris,...
Ce contenu est réservé aux abonnés.Je m'abonne