Élections au Medef : dernier épisode cet après-midi au Cinépalmes
Bonne idée d’organiser l’assemblée générale du Medef Réunion dans un cinéma ! En effet, la campagne électorale pour le poste de président a été une véritable série télévisée, le feuilleton de fin d’été austral. Le titre pourrait en être « Les Tontons flingueurs ».
Il devrait y avoir beaucoup de monde cet après-midi au multiplexe Cinépalmes de Sainte-Marie lors de l’assemblée générale du Medef Réunion, et surtout lors de la proclamation des résultats du vote électronique et du discours du nouveau président (ou présidente). On peut se demander comment sera l’ambiance lors du cocktail qui va clôturer l’AG. Pour certains, ce sera « La soupe à la grimace », le titre que porte d’ailleurs un vieux film de 1954. Après la campagne électorale sous le signe des « Tontons flingueurs ».
Reprenons le scénario de cette série qui pourrait aussi s’appeler « Dallas ». Premier épisode : on flingue la candidature fort probable de Philippe-Alexandre Rebboah, directeur général de Leal Réunion et président du Syndicat de l’importation et du commerce de La Réunion (SICR). Pour cela, c’est très simple, il suffit de fixer l’assemblée général en juin alors qu’elle était prévue en fin d’année car Philippe-Alexandre Rebboah ne dispose plus alors des cinq ans comme adhérent exigés pour pouvoir se présenter. Difficile de savoir qui occupe le rôle principal dans ce « flingage ». Est-ce Didier Fauchard, le président, ou bien Sandrine Ménard Dunand Roux, la déléguée générale, qui ne supporte pas le patron de Leal Réunion et craint pour son poste de salariée ? Deuxième épisode : Didier Fauchard annonce qu’il ne se représentera pas après trois mandats successifs, soit neuf ans de présidence. En omettant de dire qu’il ne peut pas se représenter puisque les statuts de l’organisation patronale ne le permettent pas. Il annonce aussi qu’il propose Yannick Berezaie, dirigeant d’Isodom, pour lui succéder, parce « qu’ils partagent les mêmes valeurs ». Troisième épisode : coup de théâtre, Katy Hoarau annonce sa candidature. Après avoir présidé la Chambre régionale de l’Ordre des experts-comptables, elle préside le Comité Outre-mer de l’Ordre national. Une fonction qui lui permet de dire qu’elle portera la voix de La Réunion à Paris. Quatrième épisode : Laurent Blériot, directeur général de la SEM Cyclea et président de la Caisse générale de Sécurité sociale, annonce sa candidature. Il est adoubé par Didier Fauchard qui lâche Yannick Berezaie. Sous-entendu, Laurent Blériot serait le meilleur pour battre Katy Hoarau, l’empêcheuse de tourner en rond. Tout le monde pense alors que Yannick Berezaie, humilié, va jeter l’éponge, mais il n’en est rien.
Avec quand même une certaine tenue, la campagne devient très « chaude ». On se croirait dans une élection à la présidence de la République. Avec beaucoup de seconds rôles qui ne craignent pas de jouer aux tonton flingueurs. Chaque candidat joue sa partition. Au début, c’est « Touche pas à mon Medef » pour Laurent Blériot, « La conquête de Paris » pour Katy Hoarau et « Voyage dans le futur » pour Yannick Berezaie. Mais pour finir, les messages se brouillent et, ultime paradoxe, tout le monde prône l’union. Difficile de penser, au contraire, que la division ne laissera pas des traces. En tout cas, l’image du Medef et de son président sortant a été indéniablement ternie.