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Réunion

FLORENT MONTROUGE, PRÉSIDENT DE LA FRENCH TECH LA RÉUNION : « Un potentiel d’entreprises valorisables à plus d’un million d’euros »

Le président de la French Tech La Réunion, Florent Montrouge, qui dirige la start-up Humapro, voit dans ces « Outre-mer French Tech Days », et la présence de trois ministres, un signe de reconnaissance. Et aussi un signal pour passer à la vitesse supérieure.

L’Éco austral : Que retenez-vous de ces premiers Outre-mer French Tech Days ?

Florent Montrouge  : De la reconnaissance ! Nous sommes très reconnaissants envers ceux qui ont rendu cet événement possible. Accueillir trois ministres à cet événement, c’est symbolique ! Autant de délégations, c’est symbolique ! Autant d’acteurs institutionnels qui, main dans la main, prônent l’innovation, c’est symbolique !

On a le sentiment d’un alignement des planètes. C’est nouveau ?

Le grand sujet, c’est la résilience et l’intelligence économique. Ce qui caractérise l’intelligence, c’est la capacité d’adaptation. Qu’on le veuille ou non, le monde change. Ce n’est pas nouveau. En revanche la vitesse à laquelle il change, ça, c’est nouveau. Et si l’on veut répondre à cette adversité, au management de l’incertitude, ça passe par l’intelligence collective. On doit se serrer les coudes. La French Tech a cette vocation-là. On n’est pas là pour remplacer des acteurs locaux qui sont déjà en place depuis de nombreuses années, on est plutôt là pour les aider à avoir beaucoup plus de fluidité et à servir de caisse de résonance. Cet événement en est un bel exemple !

La Réunion est Capitale French Tech depuis février 2023, qu’est-ce que cela change ?

Vice-président de la French Tech La Réunion pendant quatre ans, j’en suis le président depuis quelques mois. J’ai activement travaillé sur le programme que avons proposé pour être labellisés Capitale French Tech. Il s’articule autour de trois grands sujets.

Premier sujet, il faut bien comprendre que la French Tech, ce sont des entrepreneurs bénévoles qui œuvrent dans une association d’État : comment les aider à créer de l’emploi, à créer de l’activité économique, à créer de l’impact ? Le premier volet du programme, c’est l’« open innovation ». Autour d’un dispositif qu’on appelle « je choisis la French Tech », l’« open innovation », c’est faciliter la rencontre entre les start-up, les institutionnels et les acteurs privés. Une fois qu’ils se rencontrent, ils discutent ensemble. Discuter, c’est bien, mais faire du chiffre d’affaires, c’est mieux. Et « Je choisis la French Tech » a pour ambition de doubler la commande publique et privée en faveur des start-up locales d’ici 2030. Plus nous ferons en sorte que les start-up augmentent leur chiffre d’affaires, plus elles pourront lever des fonds et plus elles pourront avoir d’impact.

Le deuxième volet, c’est la « Learning Expedition » car on apprend tout au long de sa vie et on a besoin d’apprendre à mieux travailler les uns avec les autres. Ce programme vise à nous permettre d’avoir des déplacements et de faire venir des personnes pour que, à l’échelle locale, on puisse mieux acculturer nos institutionnels, mieux acculturer nos start-up, mieux acculturer nos grands groupes, travailler ensemble à gérer une économie résiliente et d’avenir.

Enfin, le dernier volet de ce programme, c’est de faire de La Réunion ce qui nous a animé pendant cet événement : un hub accélérateur. Nous avons un positionnement géographique essentiel, stratégique, entre l’Indopacifique, l’Afrique, la France qui, avec le maillage des Outre-mer, a une couverture internationale. On doit s’appuyer sur ces forces, mais ça ne se décrète pas, ça se construit.

Quel est le programme pour 2024 ?

La première année a été consacrée à préparer la construction des tuyaux avec, en point d’orgue, l’événement de ces deux jours pour expliquer à tout le monde ce qu’on veut faire et où on veut aller. L’année prochaine, place aux actions ! Nous allons mettre concrètement en place ce programme d’« open innovation ». À l’horizon 2025, l’objectif est de multiplier les expérimentations. L’idée est que plus les start-up accompagneront des grands groupes et des institutionnels, plus elles auront de l’expérience, de la crédibilité et du chiffre d’affaires, ce qui leur permettra d’avoir les métriques nécessaires à de plus grosses levées de fonds. L’année 2024 doit préparer nos start-up à faire des levées de fonds conséquentes en 2025. À défaut de licorne immédiatement, c’est-à-dire une entreprise valorisée à un milliard d’euros, on peut avoir des entreprises valorisées à plus d’un million d’euros.

Nous y travaillons avec la Région, à qui nous adressons un grand merci, avec la direction générale des Outre-mer, avec Bpifrance et tous les partenaires qui nous aident. L’idéal serait d’accompagner l’année prochaine entre 25 et 50 acteurs, avec 30 % de start-up, 30 % d’institutionnels et 30 % de grands groupes.