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Réunion

France 2030 : 54 milliards d’euros pour transformer l’économie

C’est en octobre 2021 que le président Emmanuel Macron a dévoilé son plan d’investissement France 2030. L’enveloppe de 54 milliards d’euros est accessible à tous les territoires du pays, et donc à La Réunion, et passe par des appels à projets.

On vient d’apprendre lors du Festival de Cannes, qui s’est déroulé du 16 au 27 mai, que le projet de création d’un campus Rubika à La Réunion figurait parmi les lauréats de l’appel à projets France 2030 « La grande fabrique de l’image ». Le campus Rubika proposera dès la rentrée 2024 des programmes de niveau Bac+5 en jeu vidéo et animation 2D/3D.

Ce projet est porté par une association à but non lucratif réunissant deux studios réunionnais (Gao Shan Pictures pour l’animation et Studio Pitaya pour le jeu vidéo) et l’école Rubika, avec le soutien de l’incubateur réunionnais Seeds. Reconnue comme une référence mondiale dans son domaine, Rubika a été créée en 1987 à l’initiative de Marie-Anne Fontenier, pionnière de l’animation 3D en France. La mise en œuvre du campus réunionnais illustre le soutien que peut apporter concrètement le plan France 2030. Un plan qui s’adresse, selon sa présentation officielle, aussi bien aux start-up, qu’aux PME/ETI, aux grands groupes industriels, aux établissements d’enseignement supérieur, aux organismes de recherche, aux laboratoires et aux écoles. À condition de « donner un temps d’avance à la France par l’innovation ». Le plan d’investissement passe par des appels à projets, supervisés par des jurys. Lors de son lancement par le président Emmanuel Macron en octobre 2021, le plan, doté d’une enveloppe prévisionnelle de 54 milliards d’euros, déployée sur cinq ans, l’ambition était affichée. « Il s’agit d’accélérer la transformation des secteurs clés de notre économie par l’innovation et de positionner la France, non pas seulement en acteur, mais bien en leader du monde de demain », peut-on lire sur la présentation officielle. Et des pistes étaient évoquées : produire des petits réacteurs nucléaires innovants, de l’hydrogène décarboné, des véhicules électriques à zéro émission carbone, des biomédicaments, construire le premier avion bas carbone, engager la troisième révolution agricole, disposer de chaînes alimentaires respectueuses de la biodiversité et d’agroéquipements intelligents, soutenir les technologies immersives et la réalité virtuelle, préparer la société tout entière à s’engager dans les métiers de demain en faisant le pari de la formation, explorer les grands fonds marins pour mieux les comprendre et les respecter… Le catalogue est consistant et ne manque pas d’attrait.

Nathalie Infante, la référente : Après sept ans à la direction régionale de la Caisse des Dépôts (CDC) à La Réunion, Nathalie Infante s’est vu confier en 2022 le poste de secrétaire générale pour les Affaires régionales (Sgar) auprès du préfet de La Réunion. L’univers de la haute administration lui est familier puisque cette diplômée de l’ENA (2008) a commencé son parcours professionnel en France à l’Inspection générale de l’administration, qui dépend du ministère de l’Intérieur. Une expérience de quatre ans avant d’évoluer au cabinet du ministre des Outre-mer, à l’époque le Guadeloupéen Victorin Lurel. En 2015, elle est recrutée par la Caisse des dépôts, pour être sa directrice régionale avec la responsabilité des territoires de La Réunion et de Mayotte. « Un monde nouveau pour moi, très axé sur le financement de l’économie », commente la jeune femme. Une activité qu’elle a visiblement appréciée puisqu’elle a occupé le poste pendant sept ans. Et si elle a quitté la CDC, c’est qu’elle voulait rester à La Réunion où réside une partie de sa famille. Ce que lui a permis son recrutement comme Sgar, lui octroyant quatre ans de sursis. Ensuite, il lui faudra sans doute s’envoler pour l’Hexagone. En attendant, elle prend plaisir à travailler dans ce vieux bâtiment colonial de l’avenue de la Victoire, loué au Conseil départemental et où est hébergé son service.

Pas de règle générale : Chaque appel à projets dispose de son propre cahier des charges. Quant au financement, il ne répond pas à la totalité des besoins du projet. Le porteur de projet doit apporter des fonds, de 20 % à plus de 50 % selon les cas.

Plan innovation Outre-mer : trois lauréats réunionnais : Parmi les huit lauréats de l’appel à projets « Plan innovation Outre-mer » de France 2030, qui bénéficient d’un accompagnement global d’environ 14 millions d’euros, on trouve trois projets réunionnais : TrétZerbaj : Plateforme de valorisation de la biodiversité tropicale par la génération de bioproduits ayant une efficacité pharmacologique objectivée contre des maladies affectant spécifiquement le territoire réunionnais. Aide accordée : 1 756 000 euros. Projet porté par l’Université de La Réunion. Alvéoles : Déploiement et mise sur le marché d’innovations dans la filière du bâti tropical. Aide accordée : 2 500 000 euros. Projet porté par la Technopole de La Réunion. Giroflée : Construction d’un écosystème durable qui assure la production d’une énergie endogène et renouvelable, par la gestion innovante des ressources forestières. Aide accordée : 1 600 000 euros. Projet porté par le Conseil départemental de La Réunion.