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Réunion

Guillaume Danan, directeur adjoint de projet chez Egis : « Un viaduc doit être beau et respecter la nature »

Guillaume Danan, ingénieur diplômé de l’ESTP (École Spéciale de Travaux Publics), promotion 1995, a commencé sa carrière dans l’entreprise Spie Batignolles où il a notamment travaillé sur le métro du Caire puis chez Scetauroute sur les projets autoroutiers A89, A63 et A20. C’est en 2001 qu’il a rejoint Egis, filiale à 75 % de la CDC.

Guillaume Danan a été chef de projet sur la LGV (ligne à grande vitesse) Sud-Europe-Atlantique (Tours-Bordeaux), pour permettre aux TGV de rouler à plus de 300 km/h de Paris jusqu’à Bordeaux. Il a travaillé une première fois pour La Réunion, depuis la métropole, sur certains tronçons de la route des Tamarins, avant d’arriver sur notre île en février 2012, comme chef de projet sur la NRL, en charge des viaducs. Depuis juillet 2017, il est directeur de projet adjoint.
Egis, présent à La Réunion depuis 40 ans, est chargé de la maîtrise d’œuvre complète de la NRL, c’est-à-dire la supervision du projet, depuis sa conception jusqu’à la livraison des travaux.
« Pendant plus d’un an, on a réalisé des reconnaissances géotechniques (à partir de la plate-forme Adrianna, NDLR). On en sait beaucoup plus maintenant sur le sol de notre île. Dès le départ, l’environnement a été une priorité du maître d’ouvrage (la Région Réunion) : mammifères marins, coraux, faune et flore ont été recensés pour faire un état des lieux complet. Nous sommes sur un environnement riche et fragile. Les impacts du projet sur les espèces recensées ont été étudiés et des dispositions pour minimiser ces impacts ont été mises en œuvre. Les mots d’ordre étant éviter, réduire, compenser et même surcompenser. »

Sécurité des usagers

Concrètement, le tracé de la NRL a été écarté de la côte pour mettre les usagers à l’abri des chutes de blocs instables de la falaise. Il est à noter que la partie immergée des piles du viaduc autorise le développement d’une vie sous-marine différente de celle que l’on voit sur les accropodes*. À ce titre, six piles du viaduc près de la zone corallienne de la pointe du Gouffre sont équipées de structures alvéolaires pour permettre le développement d’une faune et d’une flore spécifique. D’un point de vue structurel, les piles ne sont pas ancrées mais posées : elles tiennent en place grâce à leur masse de plus de 6 000 tonnes, auquel s’ajoute le poids du tablier. Les pieds des piles seront équipés de tapis anti-affouillement pour éviter que des cyclones ne déchaussent les fondations.
« Quand on roule sur l’ancienne route du littoral et que l’on regarde le viaduc, on voit que certaines piles sont différentes des autres tous les 773 mètres. Le tablier du viaduc n’est pas un seul élément, il est constitué de sept tabliers consécutifs indépendants, qui sont reliés par un joint de dilatation, justement au niveau des piles qui semblent différentes. »

* Accropode : Le nom est déposé ! Inventé en 1981 par Sogreah Consultants, l’accropode s’appuie sur les recherches approfondies et l’expérience considérable acquise avec le « Tétrapode », inventé lui aussi par Sogreah, en 1952.