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Maurice

Harold Mayer : le business avec le cœur

Outre le fait d’être un industriel dynamique et un chef d’entreprise efficace, Harold Mayer est surtout reconnu par ses pairs pour le formidable travail social qu’il a accompli en 30 ans de carrière. Il est notamment le fondateur de l’ONG Love Bridge…

Après avoir pris une retraite anticipée du monde tumultueux de l’industrie, Harold Mayer poursuit son combat pour une meilleure inclusion sociale des catégories les plus vulnérables. Ce sens de la solidarité et du partage, il le cultive depuis son plus jeune âge.

« Ma conscience sociale a été éveillée au sein de ma famille pour laquelle plus on a, plus on doit donner, et cela a toujours été une attitude normale pour moi », souligne cet entrepreneur exemplaire.

Mais c’est surtout au sein de CIEL Textile, l’entreprise où il a été en poste pendant trente ans, qu’il a pu appliquer les principes de solidarité et de partage avec les plus démunis de la société. « J’ai été un chef d’entreprise dont les patrons permettaient de prendre du temps pour le social », ajoute-t-il. Ainsi, 10 % de son temps de travail étaient consacrés exclusivement à l’action sociale. Cela s’est traduit, notamment dans le sport, avec la création du club de football Curepipe Starlight en 1999, dont 80 % des membres étaient issus de régions défavorisées.

Le choix de se faire auditer

Au-delà du temps de travail, c’est aussi et surtout un appui financier que la Fondation CIEL a consacré à l’action sociale. Le groupe a choisi de décentraliser ses actions communautaires, avec un budget alloué aux différents sites sur lesquels ses entreprises sont implantées. Tous les employés ont ainsi été mobilisés et, un jour par an, s’impliquaient dans des levées de fonds au profit des ONG actives dans chacune de ces régions, dans la protection de l’environnement et l’inclusion sociale. Ce genre d’action vient s’ajouter à la contribution obligatoire du groupe à la RSE.

Harold Mayer, de son côté, s’est toujours trouvé au cœur de ce mécanisme de solidarité. « Nous avons voulu donner à la société un signal fort en ce qu’il s’agit de soutenir les actions des ONG », explique-t-il. L’adhésion au système HIGG, dont l’indice mesure l’impact industriel et ses effets sur le développement durable, a été un pas de plus accompli par le groupe CIEL. « Le choix que nous avons fait de nous faire auditer a été important », insiste Harold Mayer.

Avec l’évolution des mentalités dans le monde des affaires, l’industrie s’est adaptée et, aujourd’hui, les entreprises sont jugées et ont intérêt à agir. « Je pense que l’humanité avance dans le bon sens », estime encore Harold Mayer. Avec Love Bridge qu’il fonde en 2012 avec le soutien de CIEL, il a voulu donner un nouveau sens à la solidarité. Cette ONG œuvre directement au cœur de familles enfermées dans le cercle de la pauvreté. « Nous ne faisons pas de l’assistanat, mais de l’accompagnement », insiste son fondateur.

L’action de Love Bridge est basée sur l’éducation, l’alimentation, la santé, la recherche de revenus et le logement. Elle œuvre auprès de 400 familles réparties un peu partout dans l’île.

Actif au sein de Business Mauritius, qui fédère les acteurs économiques, Harold Mayer veut répandre la bonne parole auprès des entreprises. Il est le président de sa commission Inclusive Growth. Parallèlement, il vient juste d’être nommé à la présidence de la Fortified Learning Environment Unit de la NSIF et sera en poste au début de 2023. Ce qui vient consolider l’action personnelle de cet entrepreneur qui croit dur comme fer aux vertus de l’éducation pour sortir de la pauvreté. « Nous voulons inciter les entreprises à s’impliquer davantage dans l’inclusion sociale et nous sentons qu’il y en a de plus en plus qui le font, cela est très positif », se réjouit-il.

Mais le monde doit, selon lui, relever un défi de taille. Car le modèle capitaliste qui a régné jusqu’à présent a atteint ses limites. « Il faut que les capitalistes soient des socialistes au fond de leur cœur », soutient-il. Et si les entreprises ne font pas preuve de plus de responsabilité sociale et environnementale, il faudra réglementer et légiférer… Mais avant tout, « il faut faire des affaires avec le cœur », insiste Harold Mayer. La route est encore longue, le parcours est semé d’embûches et les inégalités sont encore omniprésentes. Énormes… « Mais je pense que les entreprises avancent dans la bonne direction », affirme cet éternel optimiste, qui croit dur comme fer en la bonté et la générosité de l’Homme.