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« Nous travaillons sur de nouvelles formules plus attractives pour la clientèle locale qui nous est particulièrement chère. »
Réunion

JOËL NARAYANIN, P-DG D’« AKOYA HOTEL & SPA » : « La crise nous a obligés à nous réinventer »

La Réunion ne compte que quatre hôtels 5-étoiles dont Akoya Hotel & Spa lancé il y a bientôt cinq ans par le groupe Janar de Joël Narayanin. L’entrepreneur explique son choix et donne sa vision du développement touristique suite à la crise sanitaire.

L’Éco austral : Votre hôtel 5-étoiles, situé à La Saline- Les-Bains, sur la côte ouest, fêtera ses 5 ans en octobre prochain dans un contexte particulier. Comment avez-vous vécu cette crise et comment voyez-vous la reprise ? 
Joël Narayanin
: C’est avec beaucoup de fierté et de reconnaissance que nous fêterons les cinq années d’existence de notre établissement. Cet anniversaire a encore plus de saveur et de valeur lorsqu’on se remémore les dix ans qui ont été nécessaires à l’éclosion de ce beau projet. Nous sommes fiers en tant que Réunionnais d’avoir créé un hôtel 5-étoiles dans la zone balnéaire et probablement au sein du plus bel emplacement de la côte ouest, face à la plus belle plage et au plus beau lagon de l’île, doté de divers sports nautiques quasi uniques. Un aménagement cohérent et réussi qui arrive au terme de sa cinquième année. Nous avons anticipé sur les mesures environnementales et durables, ce qui nous vaut notre labélisation internationale « Green Globe ». Cette crise sanitaire a été une épreuve difficile tant économique qu’humaine pour laquelle nous n’étions ni préparés ni structurés face à la réorganisation qu’elle a imposée. Ce contexte de confinement nous a amenés à nous adapter, transformer, ajuster et surtout nous réinventer afin que l’expérience client demeure notre culture d’entreprise en assurant le respect des normes sanitaires. La pandémie a touché tous les secteurs d’activité et ce contexte particulier nous a imposé des réflexions très approfondies qui nous amènent à générer un modèle économique différent avec un management repensé où l’humain et la justice sociale devront être les aspects importants au même niveau que l’écologie. La reprise sera très compliquée, nous avions à La Réunion déjà un mauvais traitement en raison d’une insuffisance de l’ouverture du ciel. Nous devons envisager une réouverture des lignes aériennes avec des offres plus compétitives et attractives. 

Quand avez-vous prévu la réouverture ? 
La réouverture d’Akoya Hôtel & Spa est prévue le 3 juillet 2020, principalement avec une clientèle locale. Les mesures prises par le ministère pénalisent au plus haut point la reprise des activités. Imposer une « septaine » est de nature à dissuader les touristes de venir à La  Réunion. Nous prenons le risque de rouvrir avec l’incertitude d’atteindre notre seuil de rentabilité. En conséquence, nous travaillons sur de nouvelles formules plus attractives pour la clientèle locale qui nous est particulièrement chère. Notre nouveau slogan – « Nout lotel, nout péi, Akoya Beach Resort » – est un concept adapté aux besoins de cette clientèle et regroupant de multiples activités et des formules en totale adéquation avec la Région et l’État afin de consommer local. Il s’agit de proposer un véritable lieu de vie où les clients aiment passer du temps, un hôtel où l’on se sent chez soi. En tant qu’établissement « responsable », nous participons à l’effort de relance nationale. Je saisis cette occasion pour informer les Réunionnais que nos différents réseaux sociaux affichent déjà des packages avec des tarifications très attractives et que les réservations sont ouvertes. 

 

« Nous travaillons sur de nouvelles formules plus attractives pour la clientèle locale qui nous est particulièrement chère. »
« Nous travaillons sur de nouvelles formules plus attractives pour la clientèle locale qui nous est particulièrement chère. »   ©Droits réservés
 

Un 5-étoiles, ça ressemble à un grand défi car ce n’est pas trop le segment du marché réunionnais. Pourquoi ce choix ? 
Nous avons toujours voulu bâtir et développer un projet unique à La Réunion afin de pouvoir donner la possibilité à nos concitoyens de profiter d’un cadre luxueux et exclusif sur leur île au lieu de se rendre à l’étranger, sachant pour autant la planification minutieuse que cela nécessite. Nous avons voulu offrir un produit exceptionnel et nous avons mis sur pied notre ferme Akoya qui fournit des fruits et légumes bio à notre restaurant, Le Dôme. Nous sommes conscients de l’importance d’apporter une alimentation saine à nos convives et la traçabilité de nos produits. Par ailleurs, Akoya Hôtel & Spa a mis en place un certain nombre d'actions concrètes dans le domaine environnemental afin de lutter contre les gaspillages : limiter la consommation d'énergie et d'eau, diminuer la production de déchets, favoriser l'utilisation des ressources renouvelables et sensibiliser la clientèle à la préservation de l'environnement… Nous assurons un suivi optimal de toutes nos consommations grâce à notre logiciel GTC (Gestion technique centralisée) pour limiter les consommations d’énergie. 

Comment voyez-vous l’avenir du tourisme à La Réunion ? Est-ce que cette crise amène de nouvelles opportunités ? 
Nous allons devoir nous adapter et faire preuve de résilience. Nous avons besoin de restaurer la confiance, de remettre la machine en route et d’assurer la sécurité des clients dans les meilleures conditions possibles. Le département de La Réunion est classé en « vert » à l’échelle nationale, ce qui représente un atout. Nous sommes le seul département à ce jour à ne pas avoir eu de décès lié à la covid-19 (si l’on excepte une évacuation sanitaire de Mayotte – NDLR). Welcome to Akoya Hotel & Spa ! La Réunion s’est toujours positionnée sur un tourisme durable et responsable qui place son environnement au coeur de ses préoccupations. Notre vivre-ensemble, notre patrimoine et notre culture demeurent des atouts qui séduiront les visiteurs. Nous devons développer une grande agilité en nous adaptant aux nouvelles attentes et habitudes, en écoutant le marché et en cassant les codes. Notre priorité première est de sécuriser le parcours client et de faire preuve d’originalité en proposant des activités sur-mesure aux clients locaux. Le marché métropolitain s’ouvrira graduellement et nous travaillons sur des offres destinées à ce segment. Nous avons aujourd’hui la possibilité de proposer des formules All Inclusive (pour le marché local et extérieur) permettant à nos clients de profiter au maximum de leurs vacances. 

Le tourisme dépend des dessertes aériennes qui, à La Réunion, demeurent limitées à la région proche et à la France métropolitaine. Et comme la crise touche de plein fouet les compagnies aériennes dans le monde entier, ça rend encore plus difficile l’ouverture de nouvelles liaisons. Qu’en pensez-vous ? 
À La Réunion, notre faiblesse a toujours été le manque de vraies compagnies aériennes compétitives et attractives. Notre compagnie locale se doit de mettre de plus en plus l’accent sur le développement du tourisme local en valorisant les potentialités touristiques de l'île. Elle ne doit pas se contenter de vider le pays de sa substance touristique, mais bien au contraire communiquer pour attirer les touristes à La Réunion. Par ailleurs, le besoin de se déplacer reste important, que ce soit pour des voyages d’affaires ou pour des vacances. La Région et l’État ont un rôle moteur à jouer pour relancer le tourisme réunionnais.