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Réunion

La Caisse d’Épargne Cepac fête ses 200 ans avec 200 millions d’euros de bénéfice

C’est à la fois historique et symbolique. La Caisse d’Épargne Cepac n’est pas loin d’avoir doublé son résultat net en franchissant la barre des 200 millions d’euros en 2021, l’année de son bicentenaire. On peut estimer ce résultat à 30 millions d’euros pour La Réunion et Mayotte.

Joël Chassard qui, atteint par la limite d’âge, a dû quitter son poste de président du directoire de la Caisse d’Épargne Cepac, ne pouvait rêvait mieux pour son départ. Cet homme discret et d’abord simple – tout le contraire de ce qu’on a pu connaître – prend sa retraite d’une banque qui affiche 200,1 millions d’euros de résultat net pour ses 200 ans, la caisse des Bouches-du-Rhône ayant vu le jour en 1821. Si l’on y ajoute une très nette progression du Net Promoter Score (NPS) qui mesure parmi les clients les « détracteurs » les « neutres » et les « promoteurs », on peut même dire que c’est un départ en fanfare.
Tout aussi symbolique, pour la première fois, c’est une femme qui prend les commandes de l’exécutif, en la personne de Christine Fabresse (lire notre hors-texte). Un clin d’oeil à l’histoire pour la banque mutualiste, qui a la fibre sociétale et qui, en 1881, a permis aux femmes d’ouvrir un livret sans l’accord de leur mari. « Banque à part », la Caisse d’Épargne Cepac est devenue une « banque à part entière » seulement en 1983 où elle fut autorisée à réaliser toutes les opérations bancaires. 
On peut penser que les comptables de la Cepac ont l’art de manier les chiffres. En effet, alors que son produit net bancaire (l’équivalent de son chiffre d’affaires) ne progresse « que » de 8,4 %, à 786 millions d’euros, son résultat net passe de 106 millions d’euros à 200,1 millions, pas loin du doublement. Outre l’amélioration de sa productivité, la forte baisse de ses provisions, passées de 150 millions en 2020 à 70 millions d’euros en 2021, y est pour beaucoup. Ce qui n’empêche pas la banque d’afficher sa solidité financière avec 3,4 milliards d’euros de fonds propres et un ratio de solvabilité de 22 %.

Deuxième Caisse d’Épargne de France

Autant de bons chiffres qui confortent la Cepac comme la deuxième Caisse d’Épargne de France, derrière celle d’Île-de-France. Une position qu’elle doit notamment à sa forte croissance externe en Outre-Mer avec l’acquisition en 2016 de plusieurs banques à La Réunion, aux Antilles, en Guyane et à Saint-Pierre-et-Miquelon, le « joyau » étant sans nul doute la Banque de la Réunion (BR), présente aussi à Mayotte.
Les territoires de La Réunion et Mayotte représentent d’ailleurs environ 15 % du produit net bancaire (PNB) et du résultat net de la Caisse d’Épargne Cepac. La fusion-acquisition de la BR a été difficile. Alain Ripert, en charge du Pôle Outre-Mer, reconnaissait en 2020 que la banque avait enfin cessé de perdre des parts de marché. L’année 2021 a sonné le début de la reconquête. 
Une année historique à tous points de vue. On note un record de prêts immobiliers, un soutien accru aux établissements publics de santé (186 millions de crédits dont un tiers pour l’Outre-Mer, de gros engagements dans les énergies renouvelables (1,5 milliard d’euros dont 600 millions en Outre-Mer). La Caisse d’Épargne Cepac accompagne notamment Albioma dans les lourds investissements nécessaires à la conversion de ses deux centrales thermiques de La Réunion qui fonctionnaient jusqu’alors principalement au charbon. Les prêts proposés par la Cepac sont plus verts que jamais, en faveur de la rénovation énergétique, de la mobilité durable et de la réduction des impacts…
La Caisse d’épargne se veut fidèle à son histoire de banque mutualiste engagée. Impossible de l’oublier quand on fête ses 200 ans.

©BPCE
 

Christine Fabresse : une femme prend le gouvernail

Choisie pour succréder à Joël Chassard, Christine Fabresse était, depuis novembre 2018, directrice générale en charge de la Banque de proximité et assurance et membre du directoire du groupe BPCE (Banque Populaire, Caisse d’Épargne). Auparavant, elle a présidé pendant cinq ans le directoire de la Caisse d’Épargne Languedoc-Roussillon. Région dont est originaire cette Catalane qui, après ses études à Montpellier Business School, a intégré le Crédit Lyonnais (LCL) en 1987. Après avoir travaillé au Crédit Agricole et à LCL, elle a rejoint le groupe BPCE en 2008.