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Réunion

La première centrale nucléaire flottante a pris le large

Cela fait 25 ans que nous demandons régulièrement aux directeurs successifs d’EDF Réunion s’il ne serait pas possible d’installer une micro-centrale nucléaire, comme il y en a sur les sous-marins nucléaires et sur le porte-avions Charles de Gaulle, pour alimenter l’île en électricité. La réponse a toujours été : « Ce n’est pas possible. » Mais le 31 avril 2019, on apprenait par l’agence russe Rosatom que le navire Akademik Lomonosov, première centrale nucléaire flottante du monde, était enfin « apte au service »… En fait, les spécialistes suivent ce projet depuis 2009, quand le navire a pris forme dans le chantier naval de Saint-Pétersbourg. L’Akademik Lomonosov mesure 144 mètres de long et 30 mètres de large. En 2018, il a pris la mer pour rejoindre Mourmansk, où a été chargé le combustible nucléaire et où ont eu lieu tous les tests avant de l’envoyer vers sa destination finale, à savoir Pevek, au fin fond de la Sibérie orientale. Ce voyage de 5 000 kilomètres se fera par la route du Nord, cet été, quand la glace est moins épaisse, et la centrale sera raccordée au réseau à la fin de l’année, en décembre, indique Rosatom. Cette centrale nucléaire flottante abrite deux réacteurs KLT-40S d’une puissance unitaire de 35 MW, soit 70 MW au total, des réacteurs strictement identiques aux micro-centrales installées dans les sous-marins russes.
À noter que deux sociétés chinoises ont officiellement annoncé qu’elles mettaient elles aussi en construction une centrale nucléaire flottante : China General Nuclear Power Group et son concurrent China National Nuclear Corporation, des projets de respectivement 200 MW et 150 MW. 
Ces développements suscitent plusieurs commentaires. Tout le monde a en mémoire l’explosion du réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl (Ukraine) le 26 avril 1986 et la catastrophe de Fukushima (Japon) le 11 mars 2011. Mais, d’un autre côté, c’est quand même malheureux de voir tous ces sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) qui promènent des missiles balistiques partout à travers le globe (y compris l’océan Indien) au lieu d’apporter de l’électricité aux régions reculées.


 

Le photovoltaïque encore très cher mais en baisse constante
Dans ces chiffres publiés par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) pour La Réunion, il faut relativiser le coût « exorbitant » du photovoltaïque car il peut varier beaucoup selon le type d’installation et notamment s’il s’agit de production intermittente ou avec stockage. Et le coût des investissements, qui représente 80 % des coûts de production, ne cesse de baisser. La CRE a publié, le 7 mars 2019, le bilan national des coûts des installations photovoltaïques de grandes et moyennes surfaces. L’analyse porte sur l’ensemble des coûts d’investissement et d’exploitation pour les projets déposés lors des appels d’offres de 2017 et 2018. Il en résulte des coûts de production moyens s’échelonnant entre 62 et 99 euros/MWh selon la taille et la typologie des installations. Pour les grandes installations au sol, les coûts des installations les plus compétitives sont aux environs de 48 euros/MWh, taxe IFER (imposition forfaitaire des entreprises de réseaux) de 6 euros/MWh incluse. L’énergie solaire serait donc, à terme, la moins chère puisque la Cour des Comptes estime le coût de production d'électricité des nouveaux réacteurs nucléaires dans une fourchette de 70 à 90 euros/MWh.