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Aéroport Roland-Garros vue aérienne
Réunion

L’aéroport Roland-Garros relève le défi bioclimatique

La nouvelle aérogare de l’aéroport Roland-Garros, dédiée aux arrivées, est entrée en service ce mardi 26 mars. Elle est ventilée naturellement : le renoncement à la climatisation est une première dans le monde tropical pour un bâtiment aéroportuaire de cette dimension.

Les passagers de tous les vols à l’arrivée sont dirigés vers le nouveau terminal de l’aéroport Roland-Garros à compter de ce mardi 26 mars 2024. Ceux du vol Air France en provenance de Paris ont été les premiers à suivre le parcours qui les conduit jusqu’aux tapis de livraison des bagages. Ils n’ont pas eu à souffrir du choc thermique qui caractérise souvent les arrivées à La Réunion pendant l’été austral, après 11 heures de vol au départ de l’hémisphère nord.

La transition s’est faite en douceur sur leur itinéraire, ils ont ressenti la température ambiante monter progressivement, mais bien vite atténuée par un doux courant d’air. Et il ne se sont sans doute pas aperçu que le vaste hall de la nouvelle aérogare n’était pas climatisé. L’aéroport Roland-Garros a en effet relevé le pari bioclimatique dès la conception du projet, confiée au groupe AIA Life Designers, épaulé par l’architecte local Olivier Brabant et l’ingénieur Jacques Gandemer. Le premier a déjà signé plusieurs bâtiments tertiaires sans « clim »,  dont un amphithéâtre de l’université, le second est le pionnier français de la ventilation naturelle.

Les concepteurs ont décidé d’exploiter les alizés qui soufflent généreusement sur le secteur de Gillot pour ventiler le nouveau terminal, en mettant en place un système innovant de jalousies pilotées par ordinateur et de faille longitudinale dans la toiture qui permet l’évacuation de l’air chaud. Pour compléter le tout, des brasseurs d’air entrent en action si nécessaire et les abords végétalisés du bâtiment contribuent à rafraîchir l’air entrant.

Ce renoncement à la climatisation, synonyme d’importantes économies d’énergie, est une première pour un bâtiment aéroportuaire de cette dimension dans le monde tropical exposé aux cyclones. Le projet n’a pas manqué d’attirer l’attention et avait d’ailleurs fait l’objet d’une présentation lors de la COP26 à Glasgow, en 2021. Le ressenti des voyageurs à l’arrivée va désormais être observé finement pour vérifier si l’aéroport réunionnais a réussi son pari. La caractère novateur du terminal a, en tout cas, convaincu l’Europe qui a accepté de le financer à près de 60%. Le montant des travaux s’est élevé à 50 millions d’euros, auxquels se sont ajoutés 15 millions destinés à la mise en place d’un nouveau système de contrôle des bagages de soute, conforme aux dernières exigences européennes.