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Marie-Joseph Malé, P-DG d’Air Austral. À la demande de l’Autorité de la concurrence, son bureau a été perquisitionné, de même que ceux de trois proches collaborateurs. Mais la montagne devrait accoucher d’une souris.
Mayotte/Réunion

Le « coup politique » d’Emmanuel Macron contre Air Austral

Marie-Joseph Malé, P-DG d’Air Austral. À la demande de l’Autorité de la concurrence, son bureau a été perquisitionné, de même que ceux de trois proches collaborateurs. Mais la montagne devrait accoucher d’une souris.
Marie-Joseph Malé, P-DG d’Air Austral. À la demande de l’Autorité de la concurrence, son bureau a été perquisitionné, de même que ceux de trois proches collaborateurs. Mais la montagne devrait accoucher d’une souris.   Photo : Guillaume Foulon
 

Une perquisition a eu lieu le 7 novembre, à la demande de l’Autorité de la concurrence, dans les bureaux des principaux dirigeants de la compagnie aérienne : Marie-Joseph Malé, P-DG, Dominique Dufour, secrétaire général, Jean-Marc Grazzini, directeur commercial, et Joseph Brema, directeur financier. Leur matériel informatique a été saisi, puis restitué dans la nuit. L’Autorité de la concurrence recherche les preuves d’une intervention d’Air Austral auprès des autorités malgaches qui, le 25 mars 2018, ont mis fin aux droits de Corsair de desservir Madagascar au départ de La Réunion. Un dossier qui date d’un an et demi, mais, curieusement, c’est peu après la visite du président Macron à Mayotte et à La Réunion que la perquisition a été organisée. Selon notre confère Guillaume Kempf du Quotidien de La Réunion, la demande aurait été transmise au juge des libertés le 25 octobre, soit le dernier jour de la visite du président de la République à La Réunion. Or Emmanuel Micron avait dénoncé lors de son passage à Mayotte les monopoles dans l’aérien. Il faut dire qu’à Mayotte, Air Austral ne jouit pas d’une grande popularité, étant accusée d’être en situation de monopole. Un monopole de fait, mais non imposé puisque la porte est ouverte à la concurrence.
D’ailleurs, Corsair a desservi de manière irrégulière Mayotte au départ de La Réunion avant d’annoncer qu’elle y mettait fin parce que « la piste trop courte ne peut pas accueillir les Boeing 747 affectés à la zone océan Indien et que la ligne ne peut plus être combinée avec Anta-nanarivo suite à la décision de la fermeture de Madagascar ». De même, la compagnie française, qui aujourd’hui a pour actionnaire majoritaire (53 %) l’Allemand Intro Aviation, avait annoncé qu’elle mettait fin le 9 février 2019 à sa desserte de Madagascar au départ de Paris car la suspension de ses droit sur la ligne Réunion-Madagascar venait « fragiliser la structure du programme pour la desserte de Madagascar, qui ne peut pas être maintenue dans des conditions économiques satisfaisantes sans la liaison régionale ». La ligne Paris-Tananarive était pourtant proposée par Corsair depuis plus de vingt ans alors que le Réunion-Madagascar était très récent.
En conclusion, il est fort probable que cette perquisition soit « un coup politique » d’Emmanuel Macron. Ce qui, au passage, nous montre que l’indépendance de l’Autorité de la concurrence est très relative. Mais comme bien souvent, la montagne devrait accoucher d’une souris car l’État malgache reste souverain en matière de droits aériens.