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Maurice

LES ULTRA-RICHES EN AFRIQUE ET À MAURICE : Un beau marché pour le « Private Banking » et le « Wealth Management »

Les ultra-riches sont les grands gagnants de la crise de la covid-19 et représentent un beau marché pour la place financière de Maurice qui déploie son expertise sur le marché domestique et à l’international. Avec l’Afrique en ligne de mire.

« Si au sortir de la crise financière de 2008, le nombre de HNWI (High Net Worth Individuals – NDLR) avait diminué de 13 % dans le monde et leur fortune reculé de 20 %, au terme de cette crise sanitaire, qui a eu des impacts économiques évidents, il y a non seulement davantage de millionnaires (+6,3 %) dans le monde, mais leur enrichissement s’est encore accéléré ! Les mesures budgétaires et monétaires, mises en place partout dans le monde pour éviter le pire, ont particulièrement favorisé l’investissement dans les actifs financiers », souligne Abdelwafi Atif, CEO de BCP Bank Mauritius. Le groupe Banque centrale populaire (BCP) est marocain mais très présent en Afrique et, depuis 2018, à Madagascar et à Maurice.

« La définition générique du HNWI est un investisseur qui dispose d’un patrimoine net liquide, c’est-à-dire hors immobilier, de plus d’un million de dollars, explique Marc-Alexandre Masnin, directeur des Investissements d’AfrAsia Bank. Il existe aussi une autre catégorie, qu’on nomme les Ultra High Net Worth Individuals (UHWI) car ils disposent d’un patrimoine net qui excède les 30 millions de dollars. »

Marc-Alexandre Masnin, directeur des Investissements à AfrAsia Bank : « Le potentiel pour le Private Banking & Wealth Management est énorme. » Photo : Davidsen Arnachellum

L’Eldorado africain

À Maurice, « la Banque centrale définit comme High Net Worth Individuals ceux qui disposent de revenus annuels de 150 000 dollars minimum, ou ceux ayant des actifs « investissables » d’au moins 500 000 dollars », affirme Pravish Halkhoree, Wealth Management Lead à la State Bank of Mauritius (SBM) deuxième acteur bancaire local.

Le nombre de riches dans le nombre reste extrêmement faible. « Selon un rapport du cabinet conseil français Cap Gemini, il y avait, fin 2021, près de 21 millions de HNWI, soit moins de 0,3 % de la population mondiale ! », indique Marc-Alexandre Masnin. Mais le Global Wealth Report 2022 du Crédit Suisse relève que les économies émergentes connaîtront une croissance plus rapide que les pays développés. En résumé, c’est là où la richesse se bâtit. À preuve, on estime la prévision de croissance annuelle moyenne de la richesse dans les pays à faible revenu à 13,1 % et de 10,4 % dans les pays à revenu intermédiaire. Et l’Afrique n’est pas en reste car selon l’AfrAsia Bank Africa Wealth Report 2021, le total des richesses individuelles détenues en Afrique augmentera de 30 % pour atteindre 2 600 milliards de dollars d’ici 2030 ! Toujours selon le Crédit Suisse, les riches africains détiendraient actuellement au moins 10 % des 2 000 milliards de dollars dans le portefeuille des ultra-riches dans le monde. « Ce qui fait du continent un formidable relais de croissance pour le marché de la gestion de fortune et de la banque privée », se félicite Abdelwafi Atif.

« Le total des richesses individuelles détenues en Afrique est remarquable du point de vue de son montant, mais aussi de son taux de croissance. Trois pôles se distinguent : le pôle sud-africain, le pôle kenyan et le pôle nigérian. Force est de constater qu’une partie importante de cette richesse ne se trouve plus dans ces pays d’origine, mais au sein de places offshore », souligne François Desvaux de Marigny, Head of Private Banking & Wealth Management à la Mauritius Commercial Bank (MCB), la première banque de l’océan Indien.

« Nous pensons que l’Afrique dispose d’un important potentiel qui demeure encore inexploité, ce qui, bien entendu, présente de nouvelles opportunités », assure Pravish Halkhore.

Pravish Halkhoree, « Wealth Management Lead » à la SBM : « Notre présence sur le continent africain, via notre filiale au Kenya, nos opérations à Madagascar à travers la SBM Madagascar et nos opérations en Inde à travers la SBM Bank (India) Ltd créent une synergie… » Photo : Davidsen Arnachellum

« La banque privée et la gestion de fortune resteront un segment minoritaire – environ 6 % de l’activité totale de nos services financiers -, mais le potentiel sur le continent africain est colossal ! Ces clients fortunés sont rassurés par la stabilité économique de notre secteur bancaire », confie Daniel Essoo, CEO de l’Association des banquiers de Maurice (MBA).

La MCB l’a bien compris, elle qui déjà réalise la plus grosse part de ses gains à l’international.

« Nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur notre réseau de bureaux de représentation en Afrique du Sud, au Kenya ou encore à Dubaï. Ces derniers constituent, depuis de nombreuses années, de réels points d’ancrage dans la région. Le résultat est qu’aujourd’hui notre portefeuille comporte autant de clients locaux que de clients internationaux », assure François Desvaux de Marigny.

Bank One, joint-venture entre le conglomérat mauricien CIEL Ltd et le groupe kenyan I&M Group PLC, veut aussi répondre aux besoins croissants des entreprises et des particuliers de l’Afrique sub-saharienne. L’établissement est présent via ses deux actionnaires dans huit États africains : le Kenya, le Rwanda, la Tanzanie, l’Ouganda, le Ghana, la Côte d’Ivoire, Madagascar et Maurice. Ses clients africains proviennent de 19 pays.

Abdelwafi Atif, CEO de BCP Bank Mauritius : « Notre approche est basée sur du sur-mesure avec une attention privilégiée et un service exclusif. » Photo : Davidsen Arnachellum

Pour séduire les riches, les acteurs locaux de la banque privée et de la gestion de fortune ont développé des produits et services exclusifs dédiés. « Notre département Private Banking & Wealth Management est un guichet unique en termes de solutions bancaires et d’investissement, assure Pravish Halkhoree à la SBM. Outre des solutions bancaires traditionnelles comme les cartes de débit et de crédit, la banque en ligne ou notre application bancaire mobile SBM Mobile Banking, nous offrons aussi des solutions de financement multidevises, notamment des prêts, avec possibilité de prêts Lombard (crédit adossé qui permet à un particulier ou à une entreprise d’obtenir une avance de trésorerie à condition de mettre en gage certains actifs, le plus souvent des valeurs mobilières – NDLR). En outre, les clients disposent d’une relation personnalisée pour répondre à leurs besoins et exigences. Concernant la gestion de patrimoine, nous proposons diverses solutions d’investissement visant à répondre aux besoins uniques de ces clients. Cela comprend également des services de gestion discrétionnaire qui visent à gérer avec diligence et à améliorer le patrimoine d’un client grâce à un plan d’investissement sur mesure qui correspond à son profil de risque. »

« En plus des services bancaires traditionnels, tels que les cartes de crédit, les comptes courants et titres en multi devises et sans frais de tenue de compte, les clients HNWI et UNWI bénéficient d’un service personnalisé, expose Marc-Alexandre Masnin d’AfrAsia. Les clients sont accompagnés par un banquier privé attitré, en complément d’un service premium disponible pour faire les opérations courantes. Au niveau de la gestion, l’analyse du patrimoine et le conseil sur-mesure sont des spécialités d’AfrAsia. Au final, une équipe complète peut offrir un service one-stop shop. Notre banque a la capacité de structurer une offre hybride crédit/investissement pour faire fructifier l’épargne de nos clients tout en finançant leurs projets. »

François Desvaux de Marigny, Head of Private Banking & Wealth Management à la Mauritius Commercial Bank (MCB) : « Force est de constater qu’une partie importante de la richesse africaine se trouve au sein de places offshore. » ©Droits réservés

« Notre offre « M » répond aux exigences particulières de cette clientèle fortunée, explique François Desvaux de Marigny de la MCB. « M » offre une gamme complète de produits et services personnalisés en fonction des situations personnelles et des projets de chacun. Les clients « M » bénéficient de solutions de financement élaborées, de services de planification financière, d’exécution d’ordres de bourse, de gestion discrétionnaire et non-discrétionnaire, d’aide à la sélection de fonds ou encore de l’accès à du Private Equity. »

« À BCP (Mauritius), nous mettons notre expertise, notre réseau de partenaires, notre réseau BCP et les avantages du centre financier international mauricien ensemble pour apporter aux clients un service unique et une offre sélective, indique Abdelwafi Atif. Nous leur proposons une approche de « Boutique Banking » pour choisir précisément ce qu’il leur faut. Elle est basée sur du sur-mesure avec une attention privilégiée et un service exclusif. »

Mais si la plupart des acteurs ont mobilisé leur réseau régional pour ferrer des étrangers nantis dans leur pays respectifs, on s’aperçoit que Maurice en attire de plus en plus comme lieu de résidence. Une évolution notable car, même si de gros profils venaient s’y installer, l’île n’a été « vendue » pendant longtemps que comme un pont – une place sécurisée – entre plusieurs marchés. « Maurice est géographiquement et culturellement à la croisée entre l’Afrique et l’Asie, rappelle Abdelwafi Atif. Notre positionnement stratégique, avec l’appui d’un groupe panafricain solide disposant d’un réseau étendu, nous permet d’accompagner autant la dynamique d’ouverture vers l’Afrique que les investisseurs africains à la recherche d’une juridiction stable dans un cadre sécurisé, pour leurs entreprises aussi bien qu’à titre privé. »

Un potentiel énorme

« La crise sanitaire a rebattu les cartes, analyse Marc-Alexandre Masnin. Initialement, l’attractivité de la place mauricienne envers les étrangers, notamment HNWI, UHWI ou Corporate, était menée par les accords de non double imposition et la facilité de créer des business à Maurice. Certains investisseurs y voyaient une opportunité d’acheter notamment des biens immobiliers en les faisant financer par des institutions locales. La crise et ses effets secondaires ont poussé les investisseurs à repenser leur mode et style de vie et considérer Maurice non seulement comme un lieu d’investissement, mais aussi comme un lieu de résidence. »

« La juridiction mauricienne est attrayante (…) avec notamment la libre circulation des capitaux et le fait qu’il n’y ait pas de contrôle de changs, ajoute le CEO de BCP Bank. Le régime fiscal et les avantages qu’offrent Maurice sont favorables aux investisseurs. »

« Maurice dispose d’un avantage concurrentiel certain tant sur le plan économique que fiscal (…) Au regard de notre solidité financière et de la bonne réputation dont nous bénéficions à l’international, nous disposons de tous les atouts nécessaires pour nous positionner comme centre financier de choix au carrefour entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie », déclare François Desvaux de Marigny.

« Cette clientèle est demandeuse de solutions sophistiquées et le département de Private Banking & Wealth Management d’AfrAsia y trouve toute sa place, assure Marc-Alexandre Masnin. De fait, alors que selon l’Africa Wealth Report 2022, on compte 4 800 millionnaires (HNWI) à Maurice (données qui prennent en compte uniquement les résidents vivant sur l’île), la tendance pourrait s’accélérer dans les prochaines années, Port-Louis devenant une destination de choix en Afrique. »

De fait, l’Africa Wealth Report 2022 prévoit que Maurice (avec le Rwanda et l’Ouganda) bénéficiera d’un taux de croissance de la richesse de plus de 60 % d’ici à 2031. « Le potentiel pour le Private Banking et le Wealth Management est plus que jamais énorme », conclut, confiant, Marc-Alexandre Masnin.

Bank One a inauguré son « Corporate Office » aux couleurs de l’Afrique. Baptisé « Bank One Waterfront », il symbolise l’ambition de la banque à devenir « une passerelle vers ce continent ». ©Droits réservés

L’« AfrAsia Bank Africa Wealth Report » : une référence – Réalisé en collaboration avec le cabinet sud-africain New World Wealth, cette étude est devenue la référence en matière de recherche concernant l’évolution de la richesse en Afrique. Véritable radioscopie des fortunes africaines, ce rapport annuel permet de comprendre les tendances d’investissement de ces High-Net Worth africains que tout pays cherche à attirer.

Les retraités fortunés sont une cible de choix pour les acteurs de la banque privée. ©Stocklib/Nyul

Le marché en trompe-l’œil de la silver économie : Estimé à près de 15 000 milliards de dollars, le marché de la silver économie aiguise les appétits. Et l’État mauricien ne s’y est pas trompé en faisant de ce secteur un axe important de son développement. Il est vrai qu’il y a des facteurs qui militent pour Maurice : son climat, son multiculturalisme, ses infrastructures, sa qualité de vie, sa sécurité et son État de droit (un critère important pour de riches Africains). Pour soutenir le nombre croissant de projets immobiliers destinés à l’accueil de ces retraités fortunés, le gouvernement a, dans son dernier Budget, lancé le PDS Senior Living Residences qui permet à un (riche) retraité non-mauricien et non-résident d’acquérir une unité résidentielle dans le cadre d’un Project PDS. Il obtient de fait un permis de résidence pour lui et son conjoint. Cette clientèle a fort pouvoir d’achat est une cible de choix pour les opérateurs locaux de la banque privée et de la gestion de fortune. Cependant, Marc-Alexandre Masnin pointe deux faiblesses rédhibitoires de l’offre mauricienne. En premier, l’éloignement de la famille et des amis. « Une expatriation lointaine est souvent vécue comme un choc et peut déstabiliser les couples qui finissent par retourner dans leur pays d’origine. » En second, la qualité des soins. Si Maurice a réalisé de très grands progrès, l’offre n’est pas suffisante pour rassurer et attirer ces retraités étrangers. « Reste à savoir si l’abaissement du seuil de revenus de 2 500 dollars à 1 500 dollars par mois pour obtenir le permis de résidence retraite va attirer des retraités qui vont contribuer significativement à la richesse du pays », glisse, taquin, le directeur des Investissements à AfrAsia Bank. 

Le gap générationnel des « millenials » : « Le marché devra adapter l’offre patrimoniale aux millenials qui représentent une part croissante des clients. Cette génération, adepte de technologie, est en effet habituée à recevoir des recommandations personnalisées et de l’information en continue. Les millenials s’attendront à accéder à ce même type d’accompagnement en matière de gestion de leur patrimoine », reconnaît Abdelwafi Atif, CEO de BCP Bank Mauritius.
Après avoir transformé de nombreux secteurs, les millenials, cette génération dite Y (âgée entre 20 et 40 ans), font évoluer l’offre de la banque privée et de la gestion de fortune. Hyper mobiles, hyper connectés (aux réseaux sociaux) et hyper exigeants, ils sont sensibles aux produits situés sur des segments comme la durabilité et l’équité. « Cette nouvelle génération de HNWI, plus exposée aux marchés financiers, s’intéresse aux actifs numériques, indique François Desvaux de Marigny, Head of Private Banking & Wealth Management à la MCB. Elle souhaite aussi donner plus de sens à ses investissements. Par exemple, elle est sensible aux critères ESG qui consistent à réaliser un placement sur un support qui respecte certains critères liés à l’environnement, au social et à la gouvernance. Pour les acteurs financiers que nous sommes, il convient de suivre de près ces tendances afin de pouvoir répondre au mieux aux besoins de nos clients. »

Le potentiel des « Family Office » : On définit un Family Office (ou gestionnaire de grande fortune) comme une organisation privée destinée à détenir et contrôler le patrimoine d’une famille (single Family Office) ou de plusieurs familles (multi Family Office). « Passant de 7 300 à l’international en 2019 à 10 000 aujourd’hui, ces familles contrôlent entre six à sept milliards de dollars d’actifs sous gestion ! Et il est certain qu’une partie de ces fortunes émergentes se trouvent en Afrique. Le potentiel de croissance des Family Office à Maurice est donc bien réel, indique Abdelwafi Atif, CEO de BCP Bank Mauritius. Nos clients souhaitent mieux organiser leur patrimoine en centralisant leurs avoirs au sein d’une société plutôt que de les détenir en nom propre. Ce faisant, ils disposent plus facilement d’une vision holistique de leur patrimoine, facilitant les décisions d’allocation d’actifs. Aussi, le partage des avoirs en cas de succession se trouve facilité. Il va de soi que les services de Family Office trouvent parfaitement leur place dans ce type d’organisation. »
« Nous pensons que le potentiel de développement des Family Office est important, estime François Desvaux de Marigny, Head of Private Banking & Wealth Management à la MCB. D’autant que nous avons, à Maurice, l’infrastructure technologique et juridique adéquate pour la croissance des Family Office. »
« La Financial Services Commission – FSC – (qui règlemente et supervise le secteur financier non bancaire – NDLR) a, par le biais des Family Office Regulations 2020, facilité la mise en œuvre de bureaux de gestion de patrimoine familial. Le faible seuil de capital et l’exonération fiscale prévus par le cadre réglementaire rendent la licence de Family Office facilement accessible à toute famille souhaitant mettre en place un bureau de gestion de patrimoine familial », précise Pravish Halkhoree, Wealth Management Lead à la SBM.

Louis-Vincent Gave, directeur général de Gavekal Research et président non exécutif de IPRO.

Implantation de Gavekal Research : un signal fort – L’implantation de Gavekal Research à Maurice fin septembre, via le rachat de IPRO, est un signal fort car ce groupe est l’un des tout premiers acteurs indépendants, dans le monde, en recherche macroéconomique appliquée à la finance, avec plus de 1 000 clients, mais aussi dans la gestion de fonds et de portefeuilles. Il se concentrait jusqu’alors sur l’Asie à partir de son siège de Hong-Kong. Il s’intéresse maintenant à l’Afrique et a choisi Maurice comme porte d’entrée, rachetant au groupe CIEL les 95,5 % du capital qu’il détenait dans IPRO. Stéphane Henry, directeur général de IPRO, conserve son poste ainsi que ses 4,5 % du capital et se réjouit de ce développement. «  Nous étions déjà un client de Gavekal Research qui est l’un des meilleurs. Et le groupe CIEL, qui a pris la décision stratégique de vendre, voulait un acteur capable de poursuivre le développement de IPRO. »
Les fidèles lecteurs de L’Éco austral ont entendu parler de Gavekal Research puisqu’il s’agit de l’entreprise cofondée par Charles Gave dont nous publions assez souvent les articles iconoclastes de l’Institut des Libertés. Charles Gave atteint d’ailleurs des records d’audience quand il apparaît sur des télés alternatives, en France, comme TV Libertés. Il a créé Gavekal en 1999 avec Anatole Kaletsky (d’où le nom de l’entreprise : Gave – Kal). Aujourd’hui, c’est son fils, Louis-Vincent Gave, qui a pris la relève. Ce dernier a donné le 11 novembre une conférence à Maurice à laquelle ont assisté une soixantaine de personnes, dont principalement des acteurs de la place financière. Ils ont pu profiter d’un large tour d’horizon de ce qu’il se passe aujourd’hui dans le monde. Outre sa recherche macroéconomique, Gavekal Research gère quatre fonds constitués d’actions ou d’obligations, mais surtout, il propose des solutions dans la construction de portefeuilles. D’ailleurs, il est prévu de lancer Gavekal Wealth à Maurice, une filiale de IPRO qui va développer la gestion de portefeuille pour des clients non-résidents, alors que IPRO se concentre sur les résidents. La demande est en cours auprès de l’autorité régulatrice, la Financial Services Commis-sion (FSC).
Pour Stéphane Henry, ces développements montrent que « Maurice commence à être une place émergente sur les marchés financiers. Il y a Dubaï et Singapour en tête, mais Maurice est dans le peloton ». Alain Foulon