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Vieillissement population
Maurice

Maurice se prépare à la mutation de la silver économie

Maurice, qui a achevé sa transition démographique, connaît un vieillissement rapide de sa population. Cette profonde mutation génère de nouvelles opportunités et représente même un véritable relais de croissance.

On l’estime à 16,6 %. C’est le pourcentage de la population mauricienne âgée, en 2018, de plus de 60 ans, soit en chiffres absolus, 212 015 personnes. Cas unique en Afrique, Maurice a achevé sa transition démographique et l’espérance de vie y est aujourd’hui de 71,3 ans pour les hommes et de 77,9 ans pour les femmes (en France, elle est de 79,4 ans pour les hommes et de 85,4 ans pour les femmes). De fait, selon les Nations unies, 30 % des Mauriciens auront plus de 65 ans en 2050 ! À noter qu’au vieillissement de la population s'ajoute un effondrement du nombre d’enfants par femme : Une moyenne de 1,4, en dessous du seuil de renouvellement de population (2,05).

Viser les retraités étrangers

Pour répondre à cette (profonde) mutation de la société, nous assisterons au développement du secteur des services pour personnes âgées. Déjà l’objet de toutes les convoitises lors de la récente période électorale (au moment de la publication de ce dossier, les élections législatives auront rendu leur verdict), elles vont impacter tous les secteurs économiques de l’île, voire en créer de nouveaux : la santé, l’hébergement, les loisirs, le transport public (mise à niveau de certains bus et surtout l’arrivée du métro express), etc. 
S’enthousiasmant sur le dynamisme du secteur de l’économie des seniors, la Chambre de commerce et d’industrie (MCCI) avait lancé, en 2016, le projet d’attirer 200 000 retraités étrangers d’ici 2020 (1/6ème de la population) ! La stabilité, le bilinguisme, la maturité du secteur hôtelier de l’île et la perspective du Brexit devaient les attirer. Depuis, Port-Louis a sérieusement revu à la baisse ses ambitions : il a divisé par dix son objectif, soit 20 000 arrivées ! Et surtout, la date pour y arriver est passée de 2020 à 2030. Azeem Salehmohamed, analyste à la MCCI, confirme l’intérêt de la silver économie pour son effet positif sur l’économie et sur le développement de la qualité de vie. « Ce marché permettra de développer le secteur des Life Sciences dont la biotechnologie, la pharmaceutique, entre autres. Deuxièmement, il permettra d’assurer des services personnalisés à domicile, des projets immobiliers dédiés, de créer des centres gériatriques spécialisés et des services aux personnes âgées. Enfin, il va attirer les retraités du monde entier. Ils dépenseront leurs économies notamment dans des services de restauration, de loisirs, de vacances, de santé et de culture. Il faudra pour cela construire 10 000 chambres en dix ans pour accueillir ces 20 000 nouveaux résidents. »  

 

Vieillissement population
Maurice a achevé sa transition démographique. Elle connaît désormais un vieillissement rapide de sa population. Se pose alors la question de l’accueil et de la prise en charge de ces personnes âgées.
 

Vieillir en bonne santé

Pour de nombreux experts, le principal défi est d’assurer un « vieillir en bonne santé ». Ainsi, de nombreuses entreprises mauriciennes, mais également étrangères, commencent à se lancer dans l’hébergement de cette nouvelle clientèle. Le promoteur et gestionnaire mauricien Senior Homes fait figure de pionnier. Il propose, depuis 2014, la première résidence senior médicalisée privée de Maurice. Destinée aux seniors plus ou moins autonomes, Les Jardins de Chantenay se composent de 72 appartements : du studio aux appartements de deux chambres et de huit chambres médicalisées. Situé à Moka, au centre de l’île, ce projet a été conçu pour ceux qui souhaitent profiter de leur retraite dans un cadre sécurisé avec soins médicaux et services adaptés. Les résidents partagent des parties communes : salons, salle à manger, bibliothèque, salle de jeux et salle de sport… « L’hébergement dans la résidence coûte en moyenne 38 000 roupies par mois (950 euros). Et pour un hébergement dans le centre médical, il faut compter 3 500 roupies (87,5 euros) par jour », explique Sarah Heller, la directrice de Senior Homes.
Les appartements sont en vente (à partir de cinq millions de roupies, 125 000 euros) ou en location à court, moyen et long termes. Ils sont accessibles également aux retraités étrangers.
Preuve du succès de ce produit, « de 35 résidents à l’ouverture, nous en sommes aujourd’hui à plus de 90 pour une capacité de 110 lits », assure Sarah Heller. L’entreprise planifie déjà sa seconde résidence services pour personnes âgées. Les Jardins de Chantenay ouvriront leurs portes en 2021, dans le nord de l’île, à Beau-Plan, au cœur de la Smart City du groupe Terra. Cette résidence senior comprendra 60 appartements, des espaces communs et un centre de soins avec une vingtaine de chambres médicalisées. Vendus sur plan et modulables, ces appartements d’une ou deux chambres (de 66 à 100 mètres carrés) sont vendus à bail (sans titre de propriété) à partir de 6,8 millions de roupies (170 000 euros) aux Mauriciens comme aux étrangers, à la condition qu’ils aient plus de 65 ans. 

 

Royal Green
Royal Green comprendra 200 appartements en « résidence services seniors » (RSS) et 54 chambres en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Sa construction coûtera 38,4 millions d’euros.
 

Résidences services seniors

Senior Homes y proposera, comme à Moka, la prise en charge, en option, du ménage, de la buanderie, de la restauration et l’accès aux diverses activités. 
Preuve que ce secteur attire, le leader français des résidences services seniors (RSS) dédiées aux personnes âgées non dépendantes, Domitys (plus de 80 résidences et 10 000 appartements), devrait ouvrir, en 2020, Le Domaine de Grand Baie. Cette résidence de 155 appartements (du studio au 4 pièces d’une surface de 30 à plus de 110 mètres carrés), comprenant des restaurants, un bar, une bibliothèque, une piscine, un spa, une salle de fitness, est la première implantation à Maurice de Domitys. Le montage financier du projet a été assuré grâce à MCB Capital Market, la banque d’investissement et de gestion d’actifs du groupe MCB. Elle a conseillé un consortium pour structurer et lever 58,5 millions d’euros en faveur du Domaine de Grand Baie.
Associé au promoteur mauricien 2Futures, ce programme vise une clientèle locale et régionale et en particulier celle des touristes âgés. Il est ouvert aux personnes qui souhaitent s’installer à l’année à Maurice, ainsi qu’à ceux qui préfèrent venir sur l’île pour un séjour plus court d’une semaine ou de plusieurs mois. Enfin, dernier acteur venu sur ce marché : l’entreprise Luxury Retirement Village Ltd, une filiale du groupe N-G Groupe. Elle lance, en partenariat avec le groupe français, Groupe SOS Seniors, le Royal Green, une résidence service dédiée aux seniors mauriciens et étrangers. À terme, le Royal Green comprendra 200 appartements en RSS et 54 chambres en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). La construction du projet coûtera 18,4 millions d’euros dans sa première phase comprenant 54 chambres en Ehpad et 82 appartements en RSS. Suivra la deuxième phase de construction qui coûtera 20 millions d’euros et qui comprend 108 appartements en RSS. Un programme d’acquisition à bail est prévu pour l’ensemble des clients et prospects. En particulier, dans le cadre de ce programme, les clients étrangers pourront bénéficier du dispositif du Property Development Scheme. Le village de retraite Royal Green sera livré début 2021.

Les défis de l'hébergement pour seniors

Cette nouvelle économie rencontre toutefois de sérieux freins liés avant tout au manque « de diplômés dans ce secteur. Trouver des infirmiers ou des aides-soignants motivés n’est pas facile », reconnaît Sarah Heller. « Tout l’enjeu du partenariat entre Groupe SOS Seniors et Royal Green réside dans la formation, la mise à niveau du personnel mauricien et le renforcement des référentiels de pratique de l’opérateur mauricien (soins, animation, hôtellerie, restauration, qualité, achats, etc.). Mais nous pouvons nous appuyer sur la proximité immédiate de la clinique Wellkin, l’un des établissements les plus modernes de l’île », précise Maryse Duval, la directrice générale du Groupe SOS Seniors France. « La seconde difficulté est l’aspect financier car, malheureusement, un séjour aux Jardins de Chantenay n’est pas pris en charge par les assurances. Et beaucoup de nos ainés n’ont pas pensé à économiser pour leur retraite », regrette la directrice de Senior Homes. « Et l’île n’accueille pas tous les retraités. Ceux qui viennent ont de gros moyens. Peu de personnes peuvent se permettre de s’installer à Maurice », précise Julien Faliu, le fondateur et directeur d’expat.com, la start-up mauricienne spécialisée dans la mobilité internationale.
Constatant que pour la majorité des personnes âgées mauriciennes, il est impossible financièrement de se loger en maison de retraite – elles font donc le choix de rester chez elles même si leur état de santé se détériore – plusieurs compagnies proposent des services à ces personnes vulnérables vivant de manière  autonome.
« J’en suis persuadé, et les études le prouvent, la plupart des personnes âgées souhaitent vivre le plus longtemps possible chez elles. Aller dans une maison de retraite n’est pas l’option privilégiée », indique Nicolas Tadebois, fondateur de Serenity Solutions. Lancée en 2012, cette société est spécialisée en gérontechnologie (mot-valise composé de technologie et de gérontologie, soit l’étude des problèmes particuliers aux personnes âgées). Elle consiste à créer des environnements technologiques au service des personnes âgées, pour la santé, le logement, la mobilité, la communication, les loisirs et la sécurité. 
C’est ce besoin de sécurité auquel essaye de répondre Serenity Solutions. « L’idée m’est venue suite à la demande d’un ami qui cherchait une maison de retraite pour sa grand-mère de 72 ans. Je me suis dit qu’elle était plutôt jeune pour aller en maison de retraite. J’ai donc fait des recherches pour comprendre comment les personnes âgées restaient chez elles à l’étranger en abordant l’aspect sécurité », témoigne Nicolas Tadebois, qui est aussi Manager des opérations et des projets de la clinique Bon Pasteur, une clinique privée située à Rose-Hill.  Serenity Solutions propose deux types de service de téléassistance : Serenity Home et Serenity Mobile. La première offre la possibilité à l’utilisateur d’actionner un déclencheur (porté en collier, par exemple) en cas de situation de détresse. Le système le met en relation avec un opérateur téléphonique joignable 24/heures sur 24 et 7 jours sur 7. Il évalue la situation et appelle les proches de l’utilisateur et les services requis : un médecin, une ambulance, la police ou les pompiers. Le client aura préalablement rempli un dossier et indiqué les personnes à contacter et les services de santé à solliciter en priorité.  Quant au service Serenity Mobile, il se compose d’un téléphone mobile adapté aux personnes âgées ou d’un traqueur GPS, connectés à l’opérateur pour les mettre en relation en cas d’urgence. Le téléphone mobile spécialisé aide aussi l’utilisateur à gérer son agenda, ses prescriptions et son état de santé. Les proches en sont aussi informés en temps réel. « Notre solution leur permet donc de continuer à habiter dans leur maison et à se déplacer seuls tout en se sentant en sécurité. Il ne faut pas oublier les proches de ces personnes qui ne sont pas rassurés de savoir leur parent vivre seul », conclut Nicolas Tadebois. Preuve que ce secteur est appelé à se développer et attire des investissements, Serenity Solutions se lancera dans la vente de matériels orthopédiques spécialisés pour permettre à ceux vivant avec un handicap ou une santé fragile d’adapter leur domicile à leurs besoins…
Quant à Brink’s, le leader de la sécurité à Maurice, il se lance aussi dans les services de téléassistance après s’être forgé une solide réputation et une grosse clientèle dans plusieurs secteurs d’activité. L’attractivité de ces types de services repose sur les prix : Brink’s propose ces services à partir de 1 150 roupies (29 euros) et Serenity Services à 950 mensuellement (24 euros).  Ces services s’imposent comme l’alternative principale aux maisons de retraite pour les seniors qui refusent catégoriquement d’y résider… 

Evolution de la population active mauricienne

Une alternative à la maison de retraite

Le maintien des personnes âgées plus ou moins dépendantes à domicile, c’est aussi le modèle qu’a développé Chrystel de Bricourt. Elle a créé, en 2013, à Mayotte, Dagoni Services. Cette société est spécialisée dans les services à la personne à domicile, dans les actes de la vie quotidienne (courses, aide au ménage, toilette). « Tout cela concourt à la prévention de la perte d’autonomie en maintenant le lien social. Et surtout, cela a créé de nouvelles filières économiques. Cela a été possible suite à la loi dite adaptation de la société au vieillissement (APV) entrée en vigueur le 1er janvier 2016. Elle prévoit le renforcement et l’amélioration de l’accompagnement à domicile, la prévention de la perte d’autonomie, la transparence et surtout la lisibilité des tarifs pratiqués en Établissement d’hébergement pour personnes âgées (Ehpa) et en Établissement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). » En résumé, l’État français avec cette loi donne la priorité à l’accompagnement à domicile afin que les personnes âgées puissent vieillir chez elles dans de bonnes conditions. Cette loi permet tout à la fois de soulager l’hôpital public et les finances de l’État, créer de nouveaux emplois (en luttant contre le travail au noir) et de retisser des liens sociaux. 
 

Nicolas Tadebois
Nicolas Tadebois, fondateur de Serenity Solutions : « La plupart des personnes âgées souhaitent vivre le plus longtemps possible chez elles. Aller dans une maison de retraite n’est pas l’option privilégiée. »
 

« Maurice pourrait s’inspirer de cette expérience pour répondre à son propre défi démographique et développer sa propre silver économie car aider les personnes fragiles qui ne sont plus autonomes en leur apportant à domicile l’aide nécessaire retarde beaucoup ou encore mieux évite leur transfert en établissement spécialisé ou à l’hôpital ! », assure Chrystel de Bricourt. Elle ajoute, malicieuse : « Je ne crois pas beaucoup au rêve de faire venir énormément de retraités plus ou moins autonomes, en particulier Français, à Maurice. Pour deux raisons, la première : l’éloignement géographique de l’Hexagone – loin de ses petits-enfants et deuxièmement, l’offre médicale locale dédiée à cette population n’est pas encore assez développée pour la rassurer et donc l’attirer. Il me paraît donc difficile d’imaginer des séjours supérieurs à trois mois. » 
D’ailleurs, des étrangers qui résident à Maurice moins de trois mois, cela existe déjà… cela s’appelle des touristes ! 

 

Serenity Solutions propose deux types de service de téléassistance : Serenity Home et Serenity Mobile.
 

 

Julien Fallu
Julien Faliu, fondateur et directeur d’Expat.com : « Le pays n’accueille pas tous les retraités. Ceux qui viennent ont de gros moyens. Peu de personnes peuvent se permettre de s’installer à Maurice. »

 

Des visas retraités
Les critères d’éligibilité établis par l’Economic Development Board (EDB) – l’organisme chargé de la promotion et de l’encadrement des investissements – pour un visa dit retraité sont clairs. Son site Internet indique que la personne demandeuse doit être âgée de 50 ans ou plus. Elle doit s’engager à transférer, sur un compte bancaire local à Maurice, au moins 40 000 dollars par an (36 280 euros) ou en devises convertibles. Le montant total transféré sur trois ans devrait s’élever à 120 000 dollars (108 800 euros). Si cette personne n’est pas autorisée à exercer une activité rémunérée à Maurice, elle peut investir en tant qu’actionnaire minoritaire dans une entreprise, mais sans occuper de poste en tant que dirigeant d’entreprise à plein temps. La loi ne prévoit pas un nombre minimum de jours par an pour rester à Maurice en vertu d’un permis d’occupation ou d’un permis de résidence. 
Pour être considéré comme « résident » fiscal, il faut rester à Maurice pendant un minimum de 183 jours par année civile.
« Il faut savoir que le visa retraité n’est valable que trois ans. Et qu’à échéance, il faut refaire une demande et reprendre la procédure », précise une retraitée française qui, ayant subi les lenteurs de l’administration locale, préfère rester anonyme…
Pierre Dinan
Pierre Dinan, économiste : « A-t-on les moyens de nous permettre d’augmenter le montant de la pension universelle ? »

Le serpent de mer de l’augmentation de la pension universelle
«  En a-t-on les moyens  ?  », lance avec colère Pierre Dinan, un économiste respecté de l’île, quand on l’interroge sur la volonté de certains partis politiques d’augmenter la pension universelle (Basic Retirement Pension).  La pension universelle que touche chaque Mauricien âgé de 60 ans ou plus est de 6 710 roupies (167 euros). Et ce quel que soit le montant de sa retraite… 
Cette pension a un poids non négligeable, et surtout en augmentation, pour les finances de l’État. En 2017-2018, son coût était de 16,8 milliards (420 millions d’euros), en hausse de 9,4 %, comparé à l’année financière précédente. « Tout cela creuse le déficit et augmente la dette publique », ajoute, remonté, Pierre Dinan. De fait, ce coût s’ajoute à la pression que subit déjà le système de retraite par répartition (les actifs payent pour les retraités), qui coûte déjà 14 milliards de roupies par an (350 millions d’euros !) De fait, dans l’état des choses l’avenir de l’actuel système public de retraite n’est pas assuré.  « Car de 4,6 actifs (âgés de 15 à 59 ans) pour un retraité (60 ans et plus) en 2014, nous passerons à 1,6 en 2054 ! », ajoute l’économiste Éric Ng. Mais difficile d’évoquer de véritable réforme en pleine campagne électorale ! 
En attendant, de nombreux assureurs et banques proposent déjà des plans de complémentaire retraite qui s'ajoutent aux offres de l’État-providence…

Caroline Chen
Caroline Chen, directrice d’Atom Travel : « Les seniors mauriciens privilégient les destinations exotiques, l’Europe, les États-Unis et surtout les croisières. »

Une évolution du tourisme Made in Moris
L’une des conséquences de l’augmentation de la durée de vie et du pouvoir d’achat des personnes âgées mauriciennes  : leur envie de voyager. C’est le constat que fait Caroline Chen, directrice d’Atom Travel, le leader des agences de voyages : «  Les seniors mauriciens préfèrent des vacances plus longues. Après avoir travaillé et étant en retraite, ils ont du temps et surtout… des moyens. Ils sont plus susceptibles de prendre des vacances de 7,10, 15 jours, voire un mois. Ils privilégient les destinations exotiques, l’Europe, les États-Unis et surtout les croisières. Beaucoup de retraités sont aussi des repeaters, ils voyagent fréquemment. » 
Des dispositifs très attrayants Afin d’encourager l’investissement en résidence services, ont été mis en place des dispositifs de fiscalisation très attrayants sous le programme PDS et smart city. Cette loi présente tout un éventail d’avantages fiscaux et non-fiscaux, un assouplissement des procédures administratives vis-à-vis des différents ministères et institutions et aussi une ligne de conduite par rapport à la gestion des dossiers et projets par les différentes parties prenantes. Les promoteurs des projets seniors sous le PDS sont aussi exonérés de TVA et les droits de douane sur les matériaux de construction et les équipements et ils ne paieront pas d’impôt sur les bénéfices pendant cinq ans. Enfin, le montant qu’un retraité est légalement autorisé à investir mensuellement afin d’obtenir un permis de résidence est passée de 2 500 dollars (2 267 euros) à 1 500 dollars (1 360 euros). Les retraités ont le droit d’acquérir un appartement et pourront être exemptés des droits de douane sur l’importation de leurs effets personnels pour une valeur de 2 millions de roupies (50 000 euros).

La Silver economie, un marché (très) concurrentiel
Comme sur le marché de l’immobilier de luxe (RES, IRS et PDS), Maurice subit une forte concurrence dans la silver économie, en particulier… du Portugal.  Ainsi on estime que plus de 15 000 Français y vivent. Soit une augmentation, en 2017, de 35,7 % par rapport à l’année précédente. Ils forment la huitième communauté étrangère au Portugal, après les Angolais et les Britanniques. La « Floride de l’Europe » attire, entre autres, des retraités séduits par sa douceur de vivre, sa sécurité, son coût de la vie avantageux (inférieur à 35 % à celui de la France), sa proximité géographique et culturelle mais surtout ses mesures fiscales. Les expatriés bénéficient en effet d’un statut spécifique s’ils se déclarent en tant que « résidents non habituels  ». Pendant dix ans, ils ne sont imposés qu’à hauteur de 20 % de leurs revenus au Portugal, un avantage pour les gros salaires qui, sans cela, seraient fortement taxés (45 % des Français installés dans le pays font  partie de la catégorie des cadres supérieurs). Quant aux expats retraités du secteur privé, ils peuvent quant à eux profiter d’une exonération d’impôts totale durant une décennie. Seuls leurs revenus immobiliers et mobiliers de source française restent imposables, à quelques exceptions près. Un tiers des Français expatriés au Portugal sont à la retraite.
Sources : Agência de Notícias de Portugal (LUSA). Agence de presse la plus importante de la lusophonie