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Réunion

Nicolas Blanc, le banquier de l’intérêt général

« L’intérêt général a choisi sa banque », c’est la signature de la Banque des territoires créée en 2018 par la Caisse des dépôts, sa maison-mère. Et pour Nicolas Blanc, le directeur régional Réunion-océan Indien, ce n’est pas qu’un simple slogan.

Nicolas Blanc vient de passer le cap de sa première année à la tête de la Banque des territoires pour La Réunion et Mayotte. Il a succédé, en effet, à Nathalie Infante le 22 août 2022. Vénérable institution financière, qui a vu le jour en 1816, la Caisse des dépôts a créé en 2018 la Banque des territoires pour mieux distinguer son métier des autres qu’elle pratique. Rappelons que la Caisse des dépôts gère 60 % des ressources que représentent les livrets A (un produit d’épargne réglementé par l’État), pactole qui pèse plus de 500 milliards d’euros. Cela fait donc 300 milliards d’euros pour la Caisse qui prête sur du très long terme, de 25 à 60 ans, aux acteurs du logement social. C’est justement la Banque des territoires qui se charge de cette activité. En 2022, sur les 350 millions d’euros de financements alloués à La Réunion et à Mayotte, 260 millions ont concerné le logement social. Mais les besoins demeurent énormes. « Il a plus de 40 000 demandes en suspens, souligne Nicolas Blanc. Mais en 2022, à La Réunion, il n’y a eu que 1 300 logements livrés. Habituellement, on se situait entre 1 700 et 1 800. » Le logement est le gros problème de La Réunion dans l’immédiat alors qu’à Mayotte, c’est l’eau. Depuis son arrivée en août 2022, Nicolas Blanc a bien compris que les deux territoires avaient des profils très différents et donc aussi des « besoins très différents ». Mais il est aussi un stratège sur le long terme, comme en témoigne son parcours, ce qui lui permet de réfléchir au devenir de ces territoires ultramarins qui sont « des réserves de biodiversité » à préserver. Ce docteur en économie (Université Pierre Mendès-France de Grenoble) a rejoint après ses études, en 2003, le Comité 21, comité français pour l’environnement et le développement durable, en tant que responsable des programmes. En 2008, il fait son entrée à la Caisse des dépôts, en tant que responsables de projets au sein du département études, planification stratégique et développement durable. De 2012 à 2015, il est directeur innovation et développement durable, avant de devenir directeur adjoint de la stratégie du groupe Caisse des dépôts. En 2018, il intègre l’Agence française de développement (AFD) comme directeur de la stratégie, de la prospective et des relations institutionnelles. Il est également membre du comité de direction du groupe. En 2021, il fait son retour à la Caisse des dépôts, plus précisément à la Banque des territoires comme directeur de mission à la direction du réseau qui compte 16 directions régionales et 37 agences. De quoi appréhender les spécificités des départements d’Outre-mer, avant d’être nommé à La Réunion.

Porté sur le travail d’équipe, Nicolas Blanc nous a reçu en compagnie de Dorothée Logeais, chargée de communication, et Christophe Loiseau, directeur du développement commercial et directeur régional adjoint.

Quand on examine de plus près l’activité de cette banque du territoire, qui porte bien son nom, il ne faudrait pas la réduire au financement du logement social. En 2022, la Banque a accordé un prêt de 20 millions au CHU et un prêt du même montant à la commune de Saint-Pierre pour la création d’une cité administrative. Elle a soutenu les professions juridiques à hauteur de 12 millions d’euros. Elle intervient également auprès des entreprises publiques locales et auprès d’entreprises privées, dans l’hôtellerie notamment. À Mayotte, elle a accompagné le projet de datacenter lancé par un jeune Mahorais. « Notre intervention en tant qu’investisseur, c’est-à-dire en haut de bilan, aide à des bouclages de tour de table », précise Nicolas Blanc. Ce dernier a bien identifié les défis qui se présentent aux territoires ultramarins. Leur vulnérabilité aux changements climatiques, mais aussi leurs déséquilibres sociaux. « La Réunion est la deuxième région la plus inégalitaire après l’Île de France », commente le directeur de la Banque des territoires qui ajoute qu’il faut s’attaquer au problème des NEET, ces jeunes de 15 à 29 ans « ni en études, ni en emploi, ni en formation ». Selon l’Insee, ils sont 41 000 à La Réunion, soit 26 % de cette classe d’âge. Deux fois plus qu’au niveau national. Une bonne raison d’accompagner les communes avec un programme spécifique.