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RSE : le nouvel horizon des entreprises

La Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) devient un axe de gouvernance obligatoire pour les grandes entreprises. Les PME, qui composent l’essentiel du tissu économique de La Réunion, doivent également s’y préparer.

Trois lettres deviennent omniprésentes dans l’univers économique : R, S, E, pour Responsabilité sociétale des entreprises. La notion s’est progressivement imposée au cours de la décennie précédente pour englober toutes les actions des entreprises visant à atteindre les objectifs du développement durable. On peut ranger sous ce vocable les initiatives visant à réduire l’impact environnemental d’une activité, celles qui concourent à des relations plus équitables avec les parties prenantes et au sein même de l’entreprise. La largeur du périmètre ne contribuant pas à la précision du concept, le besoin s’est fait sentir d’harmoniser les visions, de définir des critères. La norme internationale ISO 26000, adoptée en 2010, a répondu à cette nécessité. Elle a notamment posé les sept principes de la RSE, qui sont aujourd’hui des références largement partagées. Toute entreprise qui le souhaite peut aujourd’hui s’évaluer à l’aune de la norme, mesurer sa contribution au développement durable, identifier les pistes de progrès.

Depuis l’adoption de l’ISO 26000 – qui a inspiré de nombreux labels proposant de distinguer, avec plus ou moins de rigueur, les entreprises vertueuses le contexte a changé. L’urgence d’inverser la tendance, d’abord pour réduire l’impact des activités humaines sur les milieux naturels, s’impose progressivement aux esprits. L’Accord de Paris et la définition des 17 Objectifs de développement durable (ODD), votés en 2015, ont marqué un changement de cap. Le monde se fixe des objectifs pour éviter la catastrophe climatique, les entreprises sont placées devant leurs responsabilités… avec toutes les précautions qu’imposent les valeurs libérales. Les contraintes sont encore limitées, mais la phase normative, visant à mesurer le plus objectivement possible la durabilité d’une entreprise, a bel et bien commencé et l’exigence des jeunes générations en la matière laisse penser que la tendance va s’accélérer rapidement. Le reporting des performances extra-financières des entreprises européennes deviendra plus exigeant à court terme. Si, pour l’heure, seules les plus grandes d’entre elles sont concernées, la notation de la responsabilité sociétale s’élargira forcément à toutes, notamment parce que les sous-traitants des majors seront soumis aux mêmes exigences de performance environnementale et de respect des droits humains.

Trop peu de dirigeants de PME et de TPE se sentent aujourd’hui concernés par la RSE. Mais elle va les rattraper et les petites entreprises, qui composent l’essentiel du tissu économique de La Réunion, ont tout intérêt à s’y préparer.

Ce numéro spécial de L’Éco austral a la modeste ambition de rendre compte, à travers quelques exemples, de la prise en compte progressive des objectifs du développement durable par les entreprises réunionnaises. Les pionnières s’engagent dans l’évaluation ISO 26000 ou adhèrent à la démarche du label Efficience proposé par le Cluster Green pour adapter la norme aux réalités locales. D’autres, bien plus nombreuses, s’attachent au pilier social, en lançant des actions d’amélioration de la qualité de vie au travail, ainsi qu’au pilier environnemental. Des initiatives du plus grand intérêt se concrétisent, notamment dans le domaine de la gestion des déchets et de l’économie circulaire. Et l’on découvre que les pratiques durables peuvent aussi être synonymes de performance et de rentabilité, générer de nouvelles activités locales, aider à décrocher des contrats à l’international… La responsabilité sociétale s’impose comme le nouvel horizon des entreprises, à La Réunion comme ailleurs.