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Maurice

STEPHAN ANSELINE, DIRECTEUR GÉNÉRAL DU « LUX GRAND GAUBE : » Le beau parcours d’un passionné de l’hôtellerie

Stephan Anseline a pris en novembre 2021 la direction de l’hôtel 5-étoiles « Lux Grand Gaube ». Un beau parcours pour ce Mauricien âgé de 41 ans qui a commencé comme serveur à « L’Oberoi Mauritius » en 2000.

Les directeurs mauriciens d’un hôtel 5-étoiles, à Maurice, se comptent encore sur les doigts d’une main, mais les lignes bougent incontestablement. Le parcours de Stephan Anseline en témoigne. Et comme toujours, c’est la motivation qui fait la différence. « Dans ce métier, c’est indispensable, explique le directeur général du Lux Grand Gaube, il faut faire des sacrifices et avoir un conjoint compréhensif. » Dans son cas, la compréhension de son épouse, Adarsh, a été facilitée par le fait qu’elle évolue elle aussi au sein d’un groupe hôtelier mauricien. C’est d’ailleurs l’hôtellerie qui leur a permis de se rencontrer, en Inde, lors de la formation de Stephan au sein de l’Université Oberoi, du nom de ce groupe familial qui est une référence dans l’hôtellerie de luxe. Adarsh est une sikhe, originaire du Pendjab, comme le fondateur du groupe Oberoi qui est toujours aux commandes avec ses deux fils à ses côtés. 

Cap sur l’Inde 

Outre la motivation, il faut aussi, bien souvent, un petit coup de pouce du destin pour saisir des opportunités. À la fin de ses études secondaires, Stephan Anseline voulait « absolument travailler dans l’hôtellerie pour découvrir d’autres cultures », alors qu’il n’avait pas les moyens de voyager. Il passera donc par l’école hôtelière Sir Gaëtan Duval, puis, après quelques stages, notamment au Prince Maurice et au restaurant gastronomique chinois du Domaine Les Pailles, il sera recruté en 2000 comme serveur de restaurant par L’Oberoi Mauritius. L’occasion de faire la connaissance, en 2002, de David Longworth, en séjour dans l’hôtel et qui dirigeait, à Delhi, l’université du groupe.
Le courant passe plutôt bien avec le jeune serveur mauricien, très motivé et aussi très curieux. Ce dernier découvre l’opportunité de bénéficier d’une bourse d’Oberoi, mais les places sont chères. Seules 24 places sont réservées à des étrangers alors que les Indiens sont quelque 10 000 à fréquenter l’université. Stephan Anseline croit en ses chances et il a raison. Il fera partie des heureux élus. De quoi amorcer un grand tournant dans son parcours. « Mais c’était un saut dans l’inconnu que j’appréhendais, heureusement que mes parents m’ont encouragé. Une fois sur place, il a fallu que je m’adapte. La cuisine était très différente, je ne parlais pas l’hindi et j’avais même du mal à comprendre l’anglais qu’on y parlait. » Le jeune Mauricien s’accroche, réussit sa formation qui dure deux ans et, de retour à L’Oberoi Mauritius, il se retrouve assistant du directeur de la restauration. Une belle promotion, mais l’amour était passé par là. Il demande sa mutation en Inde pour retrouver Adarsh et convaincre les parents de la jeune sikhe qu’il serait un bon mari pour elle. 
Le patron du groupe Oberoi n’est pas insensible à cette histoire d’amour et voilà Stephan muté au Raj Palace de Jaipur, considéré comme l’un des meilleurs hôtels du monde. Une année dans cet établissement lui permet de rassurer ses beaux-parents et le voilà de retour à L’Oberoi Mauritius pour deux ans, alors que son épouse va entamer également, de son côté, un parcours dans l’hôtellerie mauricienne. 
Quant à Stephan, il va poursuivre son parcours dans différents hôtels comme le TAJ, où il dirige la restauration, le Mövenpick et le Sofitel So Mauritius, avant de rejoindre le groupe Lux. Dans le même temps, il approfondit ses compétences avec des cours à distance, pendant deux ans, auprès de l’Université de Cornell, mais également six mois à Dubaï. La formation continue, très courante dans le secteur hôtelier, représente un beau tremplin.

Le bon virus 

Il sera Resident Manager pendant quatre ans et demi au Lux Grand Gaube avant de diriger le 4-étoiles Tamassa. Et toujours de la formation continue au programme, avec l’École supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec) de Cergy, en France, et des sessions en Chine et en Afrique du Sud. En novembre 2021, c’est la consécration avec son retour au Lux Grand Gaube, cette fois comme directeur général. Un hôtel de 186 chambres qui a traversé, comme toute l’hôtellerie mauricienne, une période très difficile. « Mais nous avons des clients fidèles qui reviennent, souligne le patron de l’hôtel qui se montre optimiste même si la croissance, après l’ouverture des frontières, n’a pas été aussi forte que prévue. Il a fallu beaucoup de formation pour rassurer le personnel et redessiner le parcours client en faisant en sorte que celui-ci voit le sourire derrière le masque. » La difficulté principale, aujourd’hui, au Lux Grand Gaube comme ailleurs, c’est le recrutement. Et Stephan Anseline aimerait bien transmettre ce bon virus qu’est sa passion pour l’hôtellerie.