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Réunion

TOJO RAMAMONJISOA (EDBM) : « Notre loi sur les investissements est dans les standards internationaux »

Tojo Ramamonjisoa est le directeur des réformes et du développement du secteur privé au sein de l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM), l’agence nationale de promotion des investissements. Entretien réalisé lors des rencontres d’affaires Réunion-Madagascar du Club Export Réunion.

L’Éco austral : Est-il facile pour une entreprise étrangère de s’installer à Madagascar ?

Tojo Ramamonjisoa : La législation rend facile l’installation des investisseurs étrangers à Madagascar. À titre d’illustration, dans le cadre de son Investment Climate Scorecard Report, la SADC (Communauté de développement économique d’Afrique australe – NDLR) a donné à Madagascar une note de 0,17 en matière de restriction aux investissements étrangers. La moyenne des pays de la SADC étant de 0,20 et la moyenne mondiale de 0,10. Sur une échelle de 0 à 1, le 0 signifie pas de restriction et le 1, ça veut dire très restrictif. Par ailleurs, un certain nombre de services aux investisseurs sont disponibles au-près de l’EDBM pour faciliter les investissements, notamment le guichet unique. Cela dit, il ne faut pas nier que Madagascar fait face à des défis en matière d’environnement des affaires, notamment dans le secteur des infrastructures (énergies et transports par exemple). Pour contourner ces obstacles, on a travaillé, avec le ministère en charge des énergies, pour promouvoir l’autoproduction d’électricité. En effet, notre législation permet aux entreprises, voire aux particuliers, de produire leur propre énergie et ainsi de pouvoir injecter le surplus dans le réseau national ou auprès d’autres utilisateurs.

A contrario, qu’est-ce qui prend du temps ?

L’obtention parfois (ce n’est pas général) de permis ou d’autorisations d’exercer dans certains secteurs peut durer quelques semaines, voire quelques mois dans certains cas.

Est-ce que les investissements étrangers sont protégés ?

Il y a des garanties légales. Il existe une loi sur les investissements datant de 2007, renouvelée cette année, qui aligne les principes du droit des investissements du pays sur les standards internationaux. Avec des règles comme la liberté d’investissement, la protection contre la nationalisation, les exploitations indirectes, ou la garantie de stabilité juridique qui offre aux investisseurs de la visibilité sur la réglementation appliquée.

Est-ce le bon moment pour investir ?

La réalité, c’est que le climat est différent selon les secteurs, selon leur niveau d’exposition au risque. Par exemple, le secteur des TIC accélère son décollage à Madagascar et se trouve peu exposé aux risques politiques. D’autres secteurs le sont un peu plus. C’est pourquoi au sein de l’EDBM, nous préférons cibler quels sont les secteurs porteurs et dans ces secteurs quels sont les segments de marché porteurs. C’est cela que nous mettons en avant auprès des investisseurs.

Pour plus d’informations : edbm@edbm.mg.

LAURENT LEMAÎTRE, PRÉSIDENT DU CLUB EXPORT RÉUNION : « Il faut bâtir des partenariats pour viser le marché européen » : La mission du Club Export Réunion à Tamatave, fin septembre, visait à la fois à découvrir un environnement économique encore méconnu pour nombre d’acteurs réunionnais et à identifier des opportunités d’affaires. « Globalement, les deux sont atteints », souligne Laurent Lemaître, président du Club Export. Plusieurs entreprises ont exprimé des retours positifs. La proximité géographique entre La Réunion et Madagascar, à seulement deux heures d’avion, encourage les échanges réguliers. La compagnie minière Ambatovy offre des perspectives prometteuses. Le commerce avec Madagascar permet aux entreprises de La Réunion d’accéder surtout à des matières premières qui ne sont pas disponibles localement. Une entreprise peut s’implanter seule pour répondre aux besoins locaux et, pourquoi pas, exporter vers La Réunion, tout en développant d’autres activités en parallèle. Ou bien, elle s’associe avec des partenaires locaux pour plus de sécurité et permettre une montée en gamme de certaines activités. Dans ce second schéma, Laurent Lemaître verrait même le marché réunionnais comme une étape : « L’objectif à long terme serait de pouvoir viser les marchés européens. Cela nécessite des investissements et un renforcement de la qualité des produits. Le secteur agroalimentaire, notamment les produits de la pêche, présente un potentiel certain. Le port de Tamatave, qui est en train de tripler sa capacité de stockage, s’annonce comme une source d’opportunités pour le développement économique du pays dans les années à venir. »