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Madagascar

Une confédération des acteurs du privé pour défendre le tourisme

Face aux enjeux et aux faiblesses du secteur, les opérateurs privés ont décidé de jouer groupés et de faire entendre leur voix pour contribuer à l’objectif d’un million de touristes à l’horizon 2020.

L’industrie malgache du tourisme est considérée comme une « priorité stratégique et une locomotive du développement ». En 2016, elle a généré plus de 748 millions de dollars de recettes. Les prévisions pour cette saison se veulent également optimistes avec des arrivées qui ont connu une croissance annuelle exponentielle de l’ordre de 20% depuis 2014. Et d’ici l’horizon 2020, la Grande île vise un objectif d’un million de touristes. Les enjeux se révèlent importants en termes d’emplois ou encore de compétitivité. Le secteur manque cependant de moyens et beaucoup reste à faire en matière d’infrastructures et de transports routier et aérien. En parallèle, les efforts menés par les opérateurs privés pour fortifier le secteur ne sont pas nécessairement synchronisés et entraînent des pertes d’énergie et de ressources. D’après Njaka Ramandimbiarison, de l’association des tour-opérateurs de Madagascar, « les corps de métiers dans le secteur ont des besoins spécifiques qui ne sont pas forcément harmonisés… Ce qui fait que la lutte a été menée de manière isolée ». Pour défendre l’industrie, les acteurs du privé ont ainsi décidé de se regrouper derrière un front unique, la Confédération du tourisme de Madagascar.

UN INTERLOCUTEUR DE POIDS

Cette confédération rassemble tous les métiers du secteur, intégrés dans plusieurs filières telles que le transport, l’hôtellerie, les activités de guide, les tour-opérateurs, les agences de voyage, les parcs nationaux, etc. Elle ambitionne de devenir l’interlocuteur unique et privilégié du secteur public et des partenaires techniques et financiers (PTF) dans les débats. Notamment pour les axes prioritaires comme le cadre réglementaire, la fiscalité ou encore la protection et l’encadrement des métiers. Dans cette optique, la confédération veut faire peser tout le poids du privé en s’attelant à des actions de lobbying. Les décisions et les actions seront pensées, pesées et réfléchies afin d’aboutir à une vision claire et concrète en termes de solutions pour le secteur. Selon Joël Randriamandranto, président de l’Office national du tourisme (ONTM), la nouvelle entité « va contribuer aux débats et aux actions concrètes portant sur le tourisme à Madagascar ». À titre d’exemple, la confédération compte approcher le secteur public pour que celui-ci facilite l’obtention de propriétés foncières dans les sites touristiques exceptionnels mais ne possédant pas assez d’infrastructures pour accueillir les visiteurs.

UN SOUTIEN DE LA BANQUE MONDIALE

La confédération représente ainsi une force de proposition qui ne remettra pas en cause les structures existantes. Elle décharge l’ONTM de son rôle d’interface public-privé pour mieux rassembler les métiers du secteur et porter fort la voix de l’industrie du tourisme. D’après des études préalablement menées, la confédération serait d’ailleurs la meilleure structure qu’on puisse mettre en place pour le secteur. Les membres fondateurs sont au nombre de 32 entités réunissant les groupements, associations et entreprises touristiques. Sept commissions s’occuperont également des différents dossiers thématiques. Par ailleurs, la confédération bénéficie de l’appui et de l’assistance technique de la Banque mondiale et d’autres partenaires techniques et financiers. Et même si un mécanisme de financement durable est en cours d’étude, la nouvelle structure devrait être financée par ses membres. Avec cette prise en main, le secteur privé espère faire décoller pour de bon ce secteur porteur.