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YANNICK BEREZAIE, PRÉSIDENT D’ISODOM : « Le digital est une partie de la solution »

Pour Yannick Berezaie, président d’Isodom, société de conseil spécialisée dans la transformation digitale et environnementale, le triptyque technologie, organisation et humain est au coeur de la démarche de RSE.

« Une seule recherche sur Google consomme l’équivalent en énergie d’une tasse d’eau chaude chauffée au micro-onde. »  Photo : Guillaume Foulon
 

L’Éco austral : On parle de plus en plus de numérique responsable. Qu’est-ce que cela signifie ?
Yannick Berezaie
: Cela recouvre autant l’environnement que l’humain. Le numérique concerne en effet aussi l’inclusion sociale et la fracture numérique. C’est essentiel surtout à La Réunion qui est très concernée par l’illectronisme. 

Consommation d’énergie, déchets, explosion des usages, le numérique peut-il être vraiment responsable ?
On pointe du doigt l’aviation pour son impact carbone, mais elle ne représente que 3,5 % des émissions de gaz à effet de serre. Une seule recherche sur Google consomme l’équivalent en énergie d’une tasse d’eau chaude chauffée au micro-onde. Les deux tiers de l’impact carbone sont liés au cycle de vie des équipements, un tiers à l’usage. La priorité est donc, d’abord, les bonnes pratiques.

Comment limiter la course aux équipements ? 
L’espérance de vie de ceux-ci n’est pas uniquement liée à la vétusté programmée. C’est aussi, et surtout, la vétusté psychologique. Plus de la moitié des équipements mis au rebut marchent encore ! Si le matériel est de plus en plus écoconçu, il faut utiliser les équipements le plus longtemps possible et le moins possible. Il faut aussi agir face à l’explosion du volume de données et donc des data centers de plus en plus consommateurs d’énergie. Il faut traiter la demande de données à la base, mais on peut également compter sur l’innovation. Par exemple avec des projets de datas centers climatisés à l’eau de mer, comme cela est le cas à La Réunion.

Si le digital est un des problèmes, peut-il également apporter des réponses ?
Le numérique est une partie de la solution. En optimisant la consommation d’énergie des entreprises, avec des réseaux intelligents comme le smart grid de Mafate, mais aussi dans beaucoup de secteurs comme l’auto-partage ou la protection de l’environnement. Cette green tech comprend le numérique responsable pour peu qu’on intègre le facteur humain. 

Les entreprises ont-elles conscience de cette importance du numérique dans leur RSE ?
Les plus grandes, oui. Si l’on est concerné comme citoyen, on est concerné comme chef d’entreprise. Pour convaincre, il n’y a que trois façons : la réglementation, les convictions du décideur et les gains économiques. L’épidémie de covid-19, par le télétravail, a boosté la transformation digitale, la cybersécurité, la RSE, l’environnement et l’humain. Maintenant il faut aussi de la patience pour faire une transition, pour faire pivoter un modèle.

Cette crise a été synonyme d’opportunité pour vous ? 
Historiquement, Isodom est acteur du numérique et de l’environnement. Nous n’avons pas attendu la crise, mais elle a boosté la demande sur le volet RSE et environnement, où nous sommes passés de 4 à 10 consultants sur ces sujets, pour une trentaine sur le numérique. La crise nous a fait gagner du temps.