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B 787 Air Austral
Réunion

Air Austral : quel plan de retournement ?

L’accord de performance collective signé le 9 mai par les partenaires sociaux n’est qu’une première étape sur le chemin du redressement d’Air Austral. La compagnie doit maintenant convaincre l’Etat de sa viabilité.

L’accord sorti aux forceps de plusieurs journées de négociation en préfecture était prévisible. S’il n’avait pas été signé, Air Austral filait tout droit en procédure collective devant le tribunal de commerce, avec d’énormes dégâts sociaux en perspective. Les salariés, dont l’attachement à la compagnie est réel, ont accepté de nouveaux sacrifices. Les pilotes, qui avaient été très bien traités au cours de la décennie précédente, ont également consenti de réduire leurs avantages plutôt que d’aller au clash.

La réduction de la masse salariale obtenue par les actionnaires pour les deux prochaines années permet de débloquer les 10 millions d’euros d’apport annoncés : un petit ballon d’oxygène pour l’entreprise. Mais le plus important reste à venir. Joseph Bréma et son équipe doivent, dans les prochaines semaines, ficeler le « plan de retournement » exigé par l’Etat. Ce dernier est furieux de voir une compagnie continuer d’avancer sur son erre alors qu’une remise de gaz était attendue en 2023 après les importants abandons de créance dont elle a bénéficié.

Peu de marge de manœuvre

De quoi sera fait ce plan ? La marge de manœuvre de la compagnie est étroite. La « gestion catastrophique de la flotte » au cours des années écoulées, pointée du doigt dans l’audit réalisé par la société Aérogestion de Marc Rochet, génère des pertes structurelles considérables et a fait d’Air Austral une compagnie qui perd de l’argent même quand ses avions sont pleins.

Avant d’envisager un renouvellement de sa flotte, notamment pour se débarrasser des deux 787 qui sont d’énormes boulets en raison de leurs pannes à répétition, Air Austral doit convaincre de sa capacité à revenir à l’équilibre. La solution passera-t-elle par de nouvelles fermetures de lignes, après celles de Chennai, des Seychelles et de Fort-Dauphin-Tuléar ?

Quoi qu’il en soit, les dirigeants de la compagnie réunionnaise devront prendre des décisions sans quitter de l’œil la gestion par l’Etat et la Commission européenne du dossier Corsair, autre pavillon français sous perfusion et dont la restructuration n’a pas donné les résultats annoncés.