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Maurice/océan Indien

EMMANUEL ADADÉ SALLAH, CHEF DE MISSION RÉSIDENTE DU FONDS DE SOLIDARITÉ AFRICAIN (FSA) :« Une institution financière solide qui soutient les entreprises »

Noté Baa1 par Moody’s en novembre 2023, le Fonds de Solidarité Africain (FSA) a prouvé sa robustesse financière. Créé en 1976, il compte désormais 21 pays membres et intervient en faveur des entreprises en leur apportant des garanties à des prêts bancaires. Explications avec son Chef de Mission Résidente à Maurice, Emmanuel Adadé Sallah…

L’Éco austral : C’est la première fois depuis sa création que le Fonds de Solidarité Africain (FSA) implante une Mission Résidente dans l’un de ses pays membres, en l’occurrence l’île Maurice. Pourquoi ce choix ?

Emmanuel Adadé Sallah : En fait, il s’agit principalement d’accroître nos interventions en faveur de l’économie mauricienne et de mieux couvrir les pays de l’océan Indien et de l’Afrique de l’Est car la Mission Résidente, que j’ai l’honneur et le plaisir de diriger, couvre, outre Maurice, le Burundi, le Rwanda et l’Union des Comores, sans oublier les Seychelles et Madagascar qui se sont engagés dans le processus pour l’adhésion au FSA.
La décision d’ouvrir une Mission Résidente à Maurice se justifie par la nécessité d’être plus proche des besoins des acteurs économiques afin de mieux connaître leur environnement économique et répondre de façon diligente à leurs sollicitations.

À sa création en 1976, le FSA intervenait principalement en faveur de ses États membres à travers le mécanisme de bonification des taux d’intérêt en rendant concessionnels les financements en faveur des États. Il s’est réorienté au profit du secteur privé à partir des années 1990 en apportant sa garantie de remboursement en couverture des prêts bancaires et des émissions obligataires sur les marchés financiers.

Vous évoquez votre soutien aux entreprise privées. Concrètement, ce soutien prend quelle forme ?

Le mécanisme le plus important qu’offre le FSA aux entreprises porte sur la garantie en couverture des financements aussi bien bancaires que sur le marché financier. Il s’agit d’accorder à la banque ou à l’investisseur la garantie de remboursement de tout ou partie des financements alloués à l’entreprise. Notre garantie peut couvrir un prêt individuel ou le portefeuille de la banque et peut concerner tous les secteurs d’activités.
Nous fournissons des garanties à des financements bancaires et cela est primordial car, trop souvent, des PME n’accèdent pas à des crédits par manque de garantie. De plus, le FSA bénéficie de la part de la Banque Centrale de Maurice (BOM), de 50 % de pondération sur les financements couverts par sa garantie, ce qui implique une réduction de l’allocation de fonds propres à laquelle les banques sont tenues et accroît en conséquence leur capacité de financement de l’économie.

Le FSA peut donc intervenir en garantie en faveur des banques à une hauteur maximale de 1,4 milliard de roupies (environ 30 millions d’euros – NDLR) en couverture d’un projet unique, équivalant à 80 % maximum du financement.

Les interventions du FSA en faveur des pays que couvre la Mission Résidente sont en forte augmentation. À titre illustratif, pour ce qui concerne Maurice, nous sommes passés de 900 millions de roupies (18,2 millions d’euros – NDLR) en 2021 à plus de 4 milliards de roupies (environ 80 millions d’euros) en 2023, ce qui a permis de mobiliser des financements de l’ordre de 6 milliards de roupies (environ 122 millions d’euros). Le bien-fondé de disposer d’une représentation à Maurice n’est plus à démontrer.

Je parle de la garantie financière qui est son mécanisme de couverture le plus important. Le FSA dispose d’autres mécanismes d’appui financier tels que le refinancement avec ou sans allongement de durée, la bonification, la prise de participation, l’arrangement de financement, la gestion de fonds pour compte des tiers.


« La création d’une Mission Résidente permet d’accroître les interventions du FSA en faveur de l’économie mauricienne et de mieux couvrir les pays de l’océan Indien et de l’Afrique de l’Est. » ©Davidsen Arnachellum

Est-ce qu’il y a une limite pour Maurice ?

Il n’y a pas vraiment de limite pour nos interventions à Maurice et le potentiel de progression s’avère important. En effet, on se situe actuellement à seulement 2,4 % de notre portefeuille global de garanties et l’objectif est d’atteindre un minimum de 5% du total de nos interventions en garanties. Cet objectif est tout à fait réaliste car, en début de cette année 2024, le pipeline des projets de financements pour lesquels nous sommes sollicités se chiffre à plus de 8 milliards de roupies (163,2 millions d’euros).

En novembre 2023, le FSA été noté Baa1 par Moody’s et c’était sa première notation par cette agence leader à l’échelle mondiale. Quel commentaire pouvez-vous faire à ce sujet ?

Comme l’ont reconnu les analystes, c’est une performance majeure. C’est la reconnaissance de la solidité financière du Fonds de Solidarité Africain, mais aussi la preuve d’une bonne gouvernance avérée, basée sur les meilleures pratiques et des procédures opérationnelles maîtrisées, conduisant à une bonne sélection du risque opérationnel et un excellent suivi des engagements couverts. Cela signifie un risque de crédit maîtrisé et très modéré.

L’un des aspects de la solidité de la signature du FSA est sa capacité à faire face à ses engagements en cas d’appel de sa garantie. Notre intervention permet de mobiliser les financements, mais nous ne perdons pas de vue qu’en cas de réalisation du risque couvert, nous devons de façon diligente payer le partenaire bénéficiaire de notre garantie, une fois que les conditions convenues sont remplies. C’est cet élément qui renforce la crédibilité du FSA sur tous les marchés bancaires et financiers où il intervient.

Fonds de Solidarité Africain Mission Résidente de Maurice Building Africa FI Place, 1st Floor Lot N°13, Wall Street Cybercity, Ebène 72201, Mauritius
E-mail : mr.maurice@ fondsolidariteaf ricain.org Tél. : +(230) 5787 4985

Les États membres :

Le FSA, véritable outil d’intégration, compte 21 États membres et regroupe ainsi les sept des huit Communautés économiques régionales (CER) sur le continent africain, à savoir :
• CAE : Burundi et Rwanda ;
• CEDEAO : Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée,
Guinée Bissau, Liberia, Mali, Niger, Sénégal et Togo ;
• CEEAC : Burundi, Centrafrique, Congo, Gabon et Tchad ;
• CEN-SAD : Bénin, Burkina Faso, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Gambie,

Guinée Bissau, Liberia, Mali, Niger, Sénégal, Tchad et Togo ; • COMESA : Burundi, Comores, Maurice et Rwanda ;
• SADC : Comores et Maurice ;

• UMA : Mauritanie.

Les autres interventions du FSA :

REFINANCEMENT

Le refinancement est destiné au remboursement, total ou partiel, des échéances en service de la dette des crédits d’investissement accordés aux entreprises. Les montants avancés par le FSA, dans le cadre du refinancement en faveur des entreprises, lui seront reversés, soit après le remboursement total de l’établissement de crédit, soit de façon concomitante, si les flux financiers de l’entreprise le permettent.

• BONIFICATION DE TAUX D’INTÉRÊT

La bonification est un appui du FSA, sous forme de décaissements, en vue de rendre concessionnels les prêts mobilisés par les États membres et leurs démembrements pour le financement des projets de développement.

• GESTION DE FONDS POUR COMPTE DE TIERS

Le Fonds noue des partenariats avec d’autres acteurs du développement et la communauté des donateurs pour mettre en place des fonds (trust) destinés à des activités liées à la mission du Fonds, à savoir la contribution au développement en général et la promotion de l’investissement en particulier.

Ces ressources seront logées dans les comptes du Fonds de Solidarité Africain qui en assurera la gestion dans le cadre de contrats de gestion spécifiques aux termes des- quels le FSA administre les ressources pour le compte commun des participants.

• ARRANGEMENT DE FINANCEMENT

Le FSA déploie, sur la base d’un mandat dûment signé, son expertise pour appuyer les entreprises des États membres, notamment les PME/PMI dans la structuration et la recherche de financements.

• REQUÊTES EN GARANTIE, CONTRE-GARANTIE ET REFINANCEMENT
Les requêtes en vue d’obtenir du Fonds la garantie et le refinancement avec ou sans allongement de la durée de prêt en faveur des entités privées doivent être présentées à la direction générale du Fonds par :

– La banque, l’établissement financier ou le bailleur de fonds ;

– L’intermédiaire financier agrée par les Autorités monétaires et financières ;

– Le promoteur, pour l’obtention de l’intérêt du FSA ou lorsque les procédures opérationnelles du prêteur n’autorisent pas ce dernier à saisir le FSA ;

– Le Ministre en charge des Finances si le projet revêt un caractère stratégique pour le gouvernement de l’État membre.

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À sa création en 1976, le FSA intervenait principalement en faveur de ses États membres à

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