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LES 30 ANS DE L’OMC : Faux-semblants de la « troisième mondialisation »
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LES 30 ANS DE L’OMC : Faux-semblants de la « troisième mondialisation »Abonné 

Il y a 30 ans, à Marrakech, la fondation de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) était actée. Un événement qui allait marquer l’économie mondiale. André Larané se livre à un rappel historique et dresse un bilan critique de la « troisième mondialisation ».

La troisième « mondialisation », très différente des précédentes, fut inaugurée par le cycle de négociations douanières appelé Kennedy Round (1964-1967), à l’initiative des États-Unis, nouvelle puissance dominante. Elle visa dans un premier temps à décloisonner les marchés occidentaux afin d’autoriser les économies d’échelle, en vertu de l’idée que le coût marginal des biens manufacturés diminue à mesure qu’augmente la quantité produite.

Dans un deuxième temps, à partir des années 1980, les multinationales usèrent du libre- échange pour minorer leurs coûts et augmenter leurs profits sans avoir à se soucier d’innovation et de productivité. Elles transférèrent simplement leurs fabrications ordinaires dans les pays pauvres à bas salaires. Ce fut une rupture dans le commerce international qui, jusque- là, depuis la nuit des temps, visait à acheter au loin les biens de luxe et les biens rares qu’on n’était pas en état de produire chez soi.

La création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) donna une assise institutionnelle à ce projet avec pour justification le bien-être commun.

Cette mondialisation a facilité le décollage de l’Asie méridionale et surtout de la Chine qui a fait son entrée dans l’organisation en 2001. Mais elle a aussi déstabilisé en profondeur les sociétés occidentales, entraînant l’accession au pouvoir de personnalités aussi improbables que Donald Trump (États-Unis). Rejetée aujourd’hui par les peuples comme par les dirigeants, elle arrive à son terme comme le laisse deviner le fiasco tragi-comique du G7 de la Malbaie (un nom prédestiné : la « mauvaise baie »), clos le 9 juin 2018.

Le protectionnisme n’est plus ce qu’il était

Un nouveau monde se dessine dont nous avions entrevu les prémices en 2003.

Dans les temps anciens, les monnaies avaient un cours fixe qui dépendait de leur poids en or ou en argent. Dans ces conditions, pour protéger leurs productions contre la concurrence étrangère et limiter les sorties de numéraire, les États n’avaient d’autre ressource que d’imposer aux frontières des droits de douane sur les produits étrangers.

Au XIXe siècle, l’or et l’argent ne suffisant plus aux besoins de l’économie monétaire, il a bien fallu développer la monnaie fiduciaire (pièces et billets de banque) et la monnaie scripturale (comptes bancaires). Ces monnaies étaient en partie gagées sur les réserves d’or des banques centrales et leur valeur reposait avant tout sur la confiance du public. Mais cette confiance a été gravement ébranlée en Europe par les deux guerres mondiales qui ont conduit les États à s’endetter outre-mesure.Ce contenu est réservé aux abonnés.
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