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Eco Austral – Actualités économiques et entreprises de l'Océan Indien

Il conduit les nouvelles orientations du groupe familial. ©Guillaume Foulon
Réunion

Nominé au Grand prix de l’Entrepreneur de l’année Aurélien Potier, directeur général du groupe Potier

En 2020, la troisième génération est arrivée à la tête d’une affaire familiale qui se transformait en groupe. Aurélien Potier succédait à son père Jean-Luc, qui avait lui-même repris en 1984 l’entreprise DMP, fondée en 1972 par son père Jacques, au décès de ce dernier. Dès lors, DMP devient un acteur majeur de la distribution de chariots élévateurs et autres matériels de manutention, d’engins agricoles et de travaux publics, de poids lourds. Portée par la forte croissance réunionnaise, l’entreprise se développe et crée deux filiales, l’une à Mayotte (Maintenance Industrielle Mahoraise, 1996) et l’autre à Maurice (Location Commerciale de Maurice, 2002). Sur ses terres, Jean-Luc Potier ouvre d’autres filiales pour assurer la maintenance des engins et des équipements qu’il vend.

Son fils Aurélien, né en 1988, poursuit pendant ce temps ses études, part en Métropole (INSEEC Paris) se former au management de la chaîne logistique, puis met le cap sur le grand large. Il est recruté par un groupe français qui opère en Asie dans la fabrication d’aciers et de fibres de verre pour la construction. « J’y ai pris le goût du développement à l’export, dit-il. Après trois ans au sein de ce groupe, je voulais me lancer dans l’aventure entrepreneuriale à Hong Kong, en 2013, quand mon père m’a proposé de reprendre les affaires familiales, le temps d’une transition… qui dure en fait depuis treize ans maintenant, Jean-Luc Potier étant toujours président ! »

En 2015, après une formation en entrepreneuriat à l’ESCP (Paris), Aurélien Potier revient sur son île et élabore avec son père et son secrétaire général, Emmanuel Mezzarobba, une stratégie à long terme. Deux grands objectifs sont fixés : se développer à l’export, sur de nouveaux territoires et en diversifiant les activités à Maurice et à Mayotte, et s’implanter dans de nouveaux secteurs à La Réunion. Entre 2016 et 2018, des contrats de franchise sont signés avec Éléphant Bleu (trois stations de lavage à ce jour) et Irrijardin-Irripiscine. La société Manudom voit aussi le jour, pour développer la vente en ligne d’équipements professionnels.

En parallèle, le groupe se structure. « Mon père était à la tête de plusieurs sociétés distinctes, il fallait créer une identité. Le nom Potier s’est imposé naturellement, pour créer un sentiment d’appartenance. Le groupe est officiellement créé fin 2019 et j’en prends la direction générale juste avant la crise sanitaire », relate Aurélien.

Au début de la décennie, une nouvelle orientation est décidée. Potier ne veut plus seulement faire du commerce, mais également s’impliquer dans la production. Déjà présent dans la location de locaux modulaires à La Réunion aux côtés de Cambaie Industrie (groupe CKC), importateur de modulaires boulonnés sur place, à Mayotte, le groupe décide de se lancer dans l’industrie pour répondre à un important appel d’offres du rectorat mahorais. Industrie Modulaire Mayotte voit le jour en 2021 près du port de Longoni. En 2023, le groupe réunionnais rachète une entreprise guyanaise qui a une activité similaire à celle de DMP et loue également des modulaires. « Comme à Mayotte, nous avons créé une usine de fabrication, avec l’ambition d’élever le standard de la construction préfabriquée dans les DOM, en créant des prototypes de logements adaptés aux territoires, à des prix raisonnables », résume Aurélien Potier. Depuis 2020, Potier est également présent à Tamatave dans son métier historique de distributeur. Au cours des cinq dernières années, il a multiplié par deux son volume d’activité réalisé en dehors de La Réunion, qui atteint aujourd’hui 40 % de son chiffre d’affaires global de 128 millions d’euros.

Le groupe est actuellement structuré en trois pôles principaux : la vente et la location de matériels, son métier historique, qui représente les trois quarts de son chiffre d’affaires ; le pôle des services et industries, qui regroupe les sociétés de maintenance, les bâtiments modulaires et une société d’intérim spécialisée dans ses métiers (20 % du CA) ; les franchises de diversification (5 %) et une foncière patrimoniale, qui regroupe les actifs des différentes sociétés tout en investissant dans des terrains et la construction ou la rénovation de locaux. « Nous avons l’ambition de faire passer notre chiffre d’affaires de 128 millions d’euros aujourd’hui à 300 millions à l’horizon 2040, en ouvrant de nouvelles divisions, annonce le jeune directeur général. Pour cela, nous investissons massivement dans la formation. Il nous faut aussi passer un cap dans la digitalisation, pour gérer les données de notre flotte de matériel et en allonger la durée de vie grâce à la maintenance prédictive. Notre responsabilité sociétale de groupe familial nous incite également à réduire notre empreinte carbone, au-delà de nos obligations, et à nous développer dans des métiers à plus fort impact. »

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  • Bernard Grollier

    Diplômé en sciences politiques et en journalisme, en activité à La Réunion
    depuis 1987. Journaliste indépendant et polyvalent, auteur des textes de livres
    consacrés à La Réunion et aux îles de l’océan Indien. Bon connaisseur du tissu
    économique réunionnais, centres d’intérêt variés.

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