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Eco Austral – Actualités économiques et entreprises de l'Océan Indien

Un beau parcours entrepreneurial depuis 46 ans. ©DR
Réunion

Nominé au Grand prix de l’Entrepreneur de l’année Hosman Badat, cofondateur et dirigeant de Generall Autos

En 1980, Hosman Badat créait Generall Autos aux côtés d’Ibrahim Gangate, aujourd’hui décédé. On parlait alors de « casse automobile ». Celle des deux associés était basée en plein centre-ville de Saint-Denis, rue Decaen. En 1998, Generall Autos déménage sur la ZAC Finette de Sainte-Clotilde et devient le premier centre de traitement des véhicules hors d’usage aux normes ICPE (Installations classées pour la protection de l’environnement). Puis, faute d’espace disponible à Saint-Denis, l’entreprise s’implante sur un deuxième site au Gol, à Saint-Louis, en 2005.

En 2010, l’entreprise franchit un nouveau pas en s’équipant d’un broyeur, pour s’adapter aux évolutions de la réglementation et mieux répondre aux attentes de ses clients à l’export. Les morceaux de métal déchiquetés emplissent des conteneurs qui prennent la mer en direction de Singapour, de la Malaisie ou de l’Inde pour être refondus dans les hauts-fourneaux asiatiques. En 2016, elle décroche la certification qualité ISO 9001. « On a toujours été les premiers », avoue modestement Hosman Badat, qui n’omet pas de mentionner que son concurrent CUB, à Cambaie, est également doté d’un broyeur à marteaux.

Depuis sa création, Generall Autos a régulièrement su faire preuve d’innovation et d’anticipation pour absorber un gisement qui a augmenté au même rythme que le parc automobile réunionnais : à toute vitesse ! Le 3 avril dernier, le préfet en personne assistait à l’inauguration de sa nouvelle installation, au Gol. Patrice Latron saluait « l’aboutissement d’une histoire réunionnaise », « une performance industrielle exemplaire », se félicitant de voir le territoire avancer « grâce à des entrepreneurs qui prennent des risques ». Ce n’est pas tous les jours que le représentant de l’État à La Réunion rend un tel hommage à une entreprise privée et, au passage, à Hosman Badat, son inoxydable dirigeant.

Le site qu’il a inauguré au Gol a nécessité un investissement total de 8,5 millions d’euros, foncier compris. L’Europe (Feder), l’État (Ademe) et la Région ont mis la main à la poche, à hauteur de 2,4 millions d’euros, pour accompagner la mise en service d’un équipement ultra-moderne de broyage des carcasses de véhicules et autres ferrailles. Le matériel, acheté au constructeur italien Zato, se compose d’un pré-broyeur d’où sortent des copeaux d’environ 50 cm et d’un broyeur à marteaux électrique avec tri sélectif. L’acier est attiré par un aimant, les autres matières (aluminium, cuivre et déchets divers, issus notamment de la mousse des sièges et des tapis de sol) dirigées ailleurs.

Un contrôle de la qualité de l’acier broyé permet de garantir la production d’une matière secondaire avec moins de 2 % de déchets, exportable et valorisable à bon prix. Elle est expédiée vers l’Asie (Inde, Pakistan, Singapour) et ses hauts-fourneaux. Generall Autos exportait jusqu’à présent 10 000 tonnes de ferraille par an ; l’entreprise espère atteindre 12 000 à 15 000 tonnes dès 2027. Outre les véhicules hors d’usage, elle broie des ferrailles en provenance des déchetteries, des chantiers de démantèlement, des plombiers…

Ces nouveaux équipements ont été implantés sur un terrain de 5 000 m² en respectant les règles ICPE. Filtre à poussières métalliques, bassins de rétention des eaux de ruissellement et d’incendie, mur anti-bruit : un tel site se doit d’être irréprochable sur le plan de l’environnement.

En augmentant ses capacités de broyage, Generall Autos contribue à réduire la production locale de déchets non exportables et à améliorer la prise en charge des véhicules hors d’usage. Entre la revente de pièces détachées d’occasion et l’exportation, l’entreprise réalise un chiffre d’affaires de 6,5 millions d’euros, qui devrait logiquement progresser grâce à son nouvel équipement.

S’il a perdu son associé fondateur, le dirigeant n’est pas seul à la tête de Generall Autos. Il a été progressivement rejoint par ses trois enfants, Ismaël, Naila et Sikander, et par Idriss Gangate, fils d’Ibrahim.

L’énergie de la nouvelle génération ne sera pas de trop pour faire face aux nouveaux défis de la profession. « Nous devons investir et former nos personnels pour accueillir les véhicules électriques, trouver des solutions à la pénurie de foncier, énumère Hosman Badat. Nous devons aussi faire face à une importante concurrence déloyale. Pour sept centres d’accueil des VHU agréés à La Réunion, il y a sans doute une trentaine de casses marrons. »

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  • Bernard Grollier

    Diplômé en sciences politiques et en journalisme, en activité à La Réunion
    depuis 1987. Journaliste indépendant et polyvalent, auteur des textes de livres
    consacrés à La Réunion et aux îles de l’océan Indien. Bon connaisseur du tissu
    économique réunionnais, centres d’intérêt variés.

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