Nominée au Prix Innovation
1 – Isabelle Klein, cofondatrice et dirigeante d’Alter Immobilier

Originaire de Lorraine, Isabelle Klein fait ses études à Nancy, puis à Paris, en gestion d’entreprise avant de se spécialiser dans l’immobilier. Un premier stage à La Réunion agit comme une révélation. « Cela a été une évidence pour moi. Le logement, c’est la base. Quand on a un toit, on peut fonder une famille, se projeter », estime celle qui, après un retour en Métropole, est revenue définitivement s’installer sur l’île il y a près de 30 ans pour construire sa carrière dans le syndic et la gestion locative.
Après avoir dirigé l’agence immobilière Les Flamboyants, Isabelle Klein a rejoint la structure ISS Immobilier, devenue Alter Immobilier, il y a six ans, aux côtés de Sylvain Jouve et Audrey Sery. En 2021, Alter Immobilier rachète notamment une branche d’activité de CBo Territoria et ouvre une agence à Saint-Pierre. Aujourd’hui, la société dispose de quatre implantations, avec son siège à Saint-Gilles-les-Hauts et des bureaux, notamment à Plateau Caillou et Sainte-Marie.
Pour se démarquer, le groupe immobilier mise en particulier sur l’innovation. Et pour Isabelle Klein, « elle ne se limite pas à la technologie ». « Nous pensons surtout à moderniser l’image du syndic, qui fait partie des métiers les plus décriés avec les banquiers et les assureurs. Il s’agit pourtant d’un métier profondément humain, au contact de nombreux interlocuteurs : propriétaires, locataires, entreprises, concessionnaires et administrations », souligne la dirigeante.
Chez Alter Immobilier, cette réflexion passe notamment par l’intelligence collective. L’objectif est de faire travailler les équipes ensemble pour questionner les pratiques et imaginer autrement un métier considéré comme très traditionnel. Chez Alter Immobilier, elle accorde notamment une place importante aux « appétences plus qu’aux compétences ». L’organisation du travail s’en inspire, avec davantage de souplesse laissée aux collaborateurs sur leurs horaires. Cette volonté de casser les codes se retrouve aussi dans la relation avec les clients. Alter Immobilier mise sur la dématérialisation et sur des échanges plus directs. « On communique avec nos clients via une messagerie instantanée », souligne Isabelle Klein. Derrière cette organisation, une même philosophie : « Nous voulons coconstruire avec les propriétaires et être originaux dans notre métier. » Jéromine Doux
2 – Frédéric Ljung, président d’Australe Concrete

En 2021, Australe Concrete était sélectionnée pour participer à l’exposition « Fabriqué en France », au palais de l’Élysée. Sébastien Liotard et Frédéric Ljung, fondateurs de l’entreprise basée à Saint-Pierre, y présentaient ses produits les plus innovants.
Depuis sa création en 2012, Australe Concrete a contribué à populariser à La Réunion les bétons cirés, imprimés, sablés, colorés…
À son catalogue figurent également des revêtements de sol composés de granulats de marbre liés par une résine, adaptés pour l’extérieur aux conditions tropicales. « Dès le début, nous avons cherché à adapter notre offre aux conditions réunionnaises, en sélectionnant nos matières premières, explique Frédéric Ljung. Depuis 2014, nous avons notre propre usine de fabrication et nous nous sommes dotés d’un laboratoire d’essais en 2019. »
Outre un système de béton drainant végétalisé, qui laisse s’infiltrer 90 % de l’eau de pluie, Australe Concrete utilise un désactivant qui retarde la prise du béton en surface, permettant d’enlever la couche cimenteuse et d’obtenir un bel effet esthétique. Il a déjà été mis en œuvre sur le parc Eurodisney, sur des sites du tramway de Lyon, bientôt sur celui de Montpellier. Pour ces chantiers hors de La Réunion, Australe Concrete fait fabriquer ses produits au plus près du marché, à partir d’un stock constitué à Nîmes.
Elle est également engagée dans la décarbonation des matériaux. Frédéric Ljung a noué des relations fortes avec la start-up suédoise Paebbl, qui a créé dans son unité pilote de Rotterdam un ciment associant du CO2 liquéfié, récupéré sur des sites industriels brûlant de la biomasse, et de l’olivine broyée. Le résultat est un liant qui séquestre du dioxyde de carbone, sans aucun risque de rejet dans l’atmosphère. L’entreprise saint-pierroise commence à l’utiliser à La Réunion dans ses bétons, pour remplacer le ciment classique à hauteur de 30 %. Frédéric Ljung, avec Paebbl dont il est devenu ambassadeur, nourrit aussi le rêve de fabriquer à La Réunion le liant à carbone négatif, puisque ses deux composantes sont présentes sur le territoire : le CO² issu des centrales thermiques et l’olivine propulsée à l’air libre par les éruptions du piton de la Fournaise. Bernard Grollier
3 – Philippe Le Gouallec, fondateur et dirigeant de Ker Métis

©Guillaume Foulon
Galettes au curcuma et au sirop la cuite, caramel au beurre salé de Saint-Leu, petits-beurre à la vanille Bourbon : les produits Ker Métis ont tout pour plaire aux amateurs de saveurs mêlées. La marque a été lancée par Philippe Le Gouallec, dont le patronyme enlève tout doute quant à son origine. Ingénieur agronome, il a longtemps travaillé chez Nutrima, l’usine portoise qui fabriquait des aliments pour l’aquaculture. « Je suis aussi un militant culturel et en arrivant sur l’île, j’y ai trouvé ce même attachement à la culture et au terroir qu’en Bretagne, tout en étant frappé par les liens entre les deux territoires. Il est vrai que les bateaux de la Compagnie des Indes partaient de Lorient ou de Saint-Malo. » Également fasciné par le métissage insulaire, il a l’idée de le transposer dans la biscuiterie, une tradition bretonne qui peut s’accommoder d’apports exotiques. En 2016, il commence à commercialiser des biscuits bretons sous la marque Ker Métis (« ker : le village en breton, le cœur en créole »), pour tester le marché.
Deux ans plus tard, il se dote d’un outil de production et laisse libre cours à son talent de marieur de saveurs. Les consommateurs suivent. D’abord vendus en stations-service et en boutiques spécialisées, ses biscuits sont désormais référencés dans les principales enseignes de la grande distribution, ou s’écoulent en vente directe auprès des comités d’entreprise et comme cadeaux d’affaires. Sept salariés travaillent aujourd’hui dans son atelier de L’Éperon, où le matériel d’occasion des origines a été remplacé par des machines dernier cri. Entre 2025 et 2026, le chiffre d’affaires de Ker Métis passera de 600 000 à 700 000 euros. « Cette année, nous avons été partenaires du festival Sakifo et du Grand Raid, ajoute Philippe Le Gouallec, pour lesquels nous avons créé des boîtes métalliques collector. »
Les biscuits représentent 70 % de ses ventes, grâce notamment à un savoureux palmier. Son pâté créole aux faux airs de koping-amann (ou l’inverse !) et son caramel au beurre salé ont aussi leurs fans. La marque, qui arbore le label Nou La Fé, s’est enrichie cette année d’une gamme salée : ses galettes au goût de bonbon piment s’arrachent ! Bernard Grollier

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