Eco Austral – Actualités économiques et entreprises de l'Océan Indien

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Réunion

PIERRE BASSOUL (BOURBON ISOLATION ÉCOLOGIQUE) : L’ambassadeur de la ouate de cellulose

Bourbon Isolation Écologique, fondée en 2009 par Pierre Bassoul, propose une matière isolante aux performances reconnues : la ouate de cellulose. Ses enfants l’ont rejoint et il envisage désormais une production locale.

Ingénieur Arts et Métiers, Pierre Bassoul a dirigé Bourbon Bois puis Nicollin à La Réunion. Deux expériences dans la construction et la gestion des déchets qui l’ont amené à réfléchir aux produits d’isolation naturels. « Il n’y avait pas d’alternative aux laines minérales et au polyuréthane, retrace-t-il. Un architecte m’a parlé de la ouate de cellulose, que les Canadiens utilisent depuis plus d’un siècle dans des conditions extrêmes. Elle était arrivée en Métropole dans les années 1980 et avait été certifiée techniquement vers 2000. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire avec ça. » En 2009, il fonde Bourbon Isolation Écologique (BIE) à Saint-Pierre et se heurte à de nombreux préjugés vis-à-vis de cette matière issue du recyclage du papier journal et du carton, proposée par un fabricant vendéen. Pierre Bassoul démontre que la ouate résiste particulièrement bien au feu et, avec l’aide de la Chambre de métiers et de l’artisanat, apporte la preuve que loin d’attirer les termites, elle a un effet létal sur les ravageurs. Il lui a surtout fallu expliquer que ce produit, plus cher que les autres, était plus efficace. Notamment dans les Hauts, où la ouate absorbe et restitue l’humidité sans que ses performances soient altérées.

L’ingénieur a également mis au point une technique de pose adaptée aux plafonds « rampants », épousant la pente du toit, et utilise systématiquement une caméra thermique pour vérifier la bonne répartition de l’isolant. Au fil du temps, le bouche-à-oreille a fonctionné et BIE a trouvé sa place sur un marché soutenu par les aides à l’isolation.

Les enfants en renfort

L’entreprise basée sur le zone industrielle n°4 de Saint-Pierre emploie actuellement cinq salariés, dont Marine et Charles Bassoul, les deux enfants du patron. Marine, après deux années en khâgne et hypokhâgne (prépa à Normale sup), a débuté son parcours professionnel dans l’immobilier. « La communication et le marketing, ce n’est pas le truc de mon père, dit-elle. J’allais l’aider lors des salons de la maison. En 2015, quand l’entreprise a commencé à bien marcher, j’ai été embauchée. » Charles, son frère, est pour sa part diplômé en management hôtelier. « J’ai enchaîné plusieurs expériences à l’étranger, dit-il. C’est en Norvège que mon père est venu me chercher. Il m’a expliqué que BIE se développait et m’a proposé un essai, j’ai accepté et je suis resté. » Marine et Charles ne ménagent pas leurs efforts pour accélérer la croissance de l’entreprise familiale, dont le chiffre d’affaires atteint 900 000 euros. « Il y a encore beaucoup de parts de marché à prendre sur les laines minérales, expliquent-il, en démontrant qu’à performance égale nous sommes moins chers. »