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Maurice

Non, l’anglais n’est pas la langue officielle

Contrairement à ce que racontent de nombreux guides touristiques, l’anglais n’est pas la langue officielle de Maurice. À vrai dire, il n’y a pas de langue officielle. Si l’on se réfère à la Constitution, celle-ci évoque seulement, dans son article 49, la langue officielle de l’Assemblée, qui est effectivement l’anglais, tout en précisant que « tout membre peut s’adresser à la présidence en français ». Il est regrettable que le Guide de l’expatrié, qui vient de paraître, colporte cette inexactitude, d’au-tant plus qu’il est réalisé par Expat.com en partenariat avec l’Economic Development Board (EDB), l’organisme parapublic chargé de la promotion des investissements et de l’accueil des expatriés.

S’agissant de la population de Maurice, le guide confirme son manque de rigueur dans l’information. Pour lui, la population est formée à 67 % d’Indo-mauriciens, 28 % de Créoles mauriciens, 3 % de Sino-Mauriciens et 2 % de Franco-Mauriciens. On se demande quelles sont ses sources. Sauf erreur, aucun recensement ethnique n’a été réalisé, ou en tout cas publié, depuis 1972. Une fois de plus, si l’on se réfère à la Constitution, ces catégories n’existent pas officiellement. Voilà ce que dit la Constitution dans une de ses annexes : « La population de Maurice est considérée comme comprenant une communauté hindoue, une communauté musulmane et une communauté sino-mauricienne ; toute personne qui, par son mode de vie, ne peut être considérée comme appartenant à l’une de ces trois communautés, est réputée appartenir à la population générale, laquelle forme elle-même une quatrième communauté. » C’est assez flou, on doit le reconnaître. Que faut-il comprendre par « mode de vie » ? Est-ce que cela sous-entend une pratique religieuse ? Est-ce qu’un Hindou devenu pentecôtiste sera considéré comme appartenant à la population générale ? Il se dit que le nombre de ces conversions est loin d’être négligeable. Mais là encore, on ne dispose pas de chiffres officiels. Et, plus anecdotique, un « Franco-Mauricien » converti à l’hindouisme sera-t-il compris dans la communauté des Hindous ? Références ethniques et religieuses se chevauchent, sachant qu’un grand nombre de Mauriciens sont métissés. Le sujet est complexe, mais également sensible car certains, notamment sur la scène politique, font jouer le communautarisme.

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