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Réunion

Téléphérique : le succès de Papang fait des émules

Lancé en mars 2022 à Saint-Denis, le transport par câble Papang a très vite séduit la population, notamment par la fiabilité de ses horaires et ses temps de trajet. Une réussite inattendue qui devrait entraîner d’autre projets, et pas seulement à Saint-Denis.

Déjà plus de 2 millions de voyages. Soit environ 7 000 voyages par jour, contre 6 000 prévus à l’origine. Tel est le bilan impressionnant affiché par le téléphérique urbain Papang après un an et demi d’exploitation. « Son succès dépasse toutes nos espérances », avoue Maurice Gironcel, le président de la Cinor (la communauté de communes du nord de La Réunion – NDLR). Mis en service en mars 2022, ce téléphérique strictement dionysien relie sur près de 2,7 km le Chaudron à Bois-de-Nèfles, en passant par les stations du Campus, du Moufia et de Bancoul. De 6 heures à 20 heures, 46 cabines d’une capacité de 10 places assises se relaient toutes les 34 secondes pour assurer un trajet complet en moins d’un quart d’heure.

Avec Papang, les embouteillages de la zone et les doutes quant à ce projet inédit ont laissé la place à la régularité et à la satisfaction.

« C’est avec cette volonté d’une approche globale et cohérente que nous avons imaginé le nouveau pôle d’échange multimodal du Chaudron », insiste Maurice Gironcel. Ainsi, le Papang est directement relié à une dizaine de lignes de bus urbain Citalis, à une ligne Car Jaune (transport interurbain), au TCSP de Saint-Denis et au futur TCSP Baobab. Une zone accueille également les nouveaux vélos électriques en libre-service proposés par la Cinor. « Le Papang a permis de rouvrir ce quartier sur la ville et de de lui donner une nouvelle dimension », estime le président de la Cinor.

Du côté de l’intercommunalité du Nord, la satisfaction est donc totale. Au point que son chef de file a initié la création d’un schéma directeur de développement du transport par câble pour l’intercommunalité qu’il préside. « Cette solution apparaît idéale pour résoudre notamment les problèmes de liai-son entre les Hauts et les Bas. Il faut par conséquent nous servir de la réussite du Papang pour en faire un produit d’appel et aller chercher les financements indispensables à la création d’autres lignes de téléphérique dans le nord de La Réunion », annonce Maurice Gironcel. Et des projets sont déjà dans les tuyaux. Le plus avancé d’entre eux concerne une autre liaison câblée à Saint-Denis, entre les bas de Bellepierre et La Montagne (la Vigie), dont le chantier pourrait être lancé fin 2025, à condition de trouver les 60 millions d’euros nécessaires. Mais le président de la Cinor affiche son ambition en évoquant déjà à terme des téléphériques à La Bretagne, à Sainte-Marie Bienvenue et dans sa commune, à Sainte-Suzanne (Quartier Français).

Pour l’heure, la réussite du Papang a apparemment tapé dans l’œil d’autres intercommunalités. Selon Mobil’Idées, le magazine de la Sodiparc, société d’économie mixte qui gère le réseau de transport Citalis (comprenant le téléphérique), « la Civis vient de commander une première étude de faisabilité d’un transport par câble sur la commune des Avirons, qui relierait le littoral des Avirons jusqu’au Tévelave pour rejoindre ensuite la ville de Cilaos ». Pour donner de la cohérence aux différents projets ponctuels et territoriaux, le Syndicat mixte de transports de La Réunion (SMTR) s’est vu confier l’élaboration d’un schéma directeur du câble et du téléphérique pour l’ensemble de La Réunion. Le SMTR, par la voix de son directeur, Omar Issop, annonce « un démarrage de l’étude en 2024, à partir des projets déjà répertoriés et en cohérence avec les conclusions tirées des États généraux des mobilités ».

Mais le travail devra, quoi qu’il advienne, se faire main dans la main avec les intercommunalités. « Une liaison entre Salazie et Hell-Bourg ou même entre Salazie et Saint-André, l’idée est séduisante sur le papier. Les financements pourraient probablement être trouvés pour leur construction. Mais encore faut-il qu’une collectivité comme la Cirest puisse en assumer les coûts d’entretien et de fonctionnement », prévient notamment Teddy Viraye, le directeur des mobilités durables à la Cirest (communauté des communes de l’Est). Dans l’Ouest, la question de la rentabilité est également posée. Mais ce n’est pas la seule, car les contraintes sont nombreuses. C’est la raison pour laquelle une seule des trois liaisons par câble envisagées fait à ce jour l’objet d’une étude de faisabilité. Si le principe d’une station téléphérique est arrêté sur la zone de l’échangeur de l’Éperon, reste à définir les zones desservies (les hauts, les bas ou les deux ensemble), à établir en fonction des logements et des contraintes environnementales, le nombre de stations ou encore le foncier disponible pour y implanter des parkings-relais. Une assistance à maîtrise d’ouvrage a été sollicitée sur ce projet, dont le chantier ne sera pas lancé avant 2025 (au mieux).