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Hélicoptères : un besoin permanent de mécaniciens

Les compagnies d’hélicoptères basées à La Réunion misent sur la dynamique enclenchée par Aéro Tech OI pour faciliter la formation de mécaniciens spécialisés, qu’elles ont du mal à recruter.

Hélilagon s’est investie dans le projet Aéro Tech océan Indien dès son lancement – la compagnie fait partie des membres fondateurs – avec une préoccupation principale : celle de la formation, notamment des mécaniciens qualifiés sur hélicoptères, qu’elle a beaucoup de mal à recruter. « Cette pénurie est un grand sujet national, rappelle David Lary, directeur de la compagnie basée à la fois à L’Éperon et à Gillot. En Métropole, elle a parfois pour conséquence de clouer au sol des hélicos de la Sécurité civile. À La Réunion, le manque de mécaniciens rallonge les temps de maintenance des appareils, ce qui pose des problèmes de rentabilité. »

D’où vient le problème ? À la base, des effectifs insuffisants de jeunes titulaires du Bac professionnel mécanicien aéronautique, qui peuvent ensuite se spécialiser en décrochant la mention complémentaire hélicoptère. La réglementation exige ensuite qu’un jeune mécanicien diplômé engrange de cinq à sept années d’expérience au sein d’une compagnie avant de pouvoir décider si un appareil est en mesure de reprendre l’air. De plus, un mécanicien doit décrocher une qualification pour chaque type d’appareil, ce qui complique un peu plus l’organisation d’une compagnie qui n’a pas une flotte homogène. C’est le cas d’Hélilagon, qui compte sept types d’appareils différents sur les douze de sa flotte, et emploie dix mécaniciens.

Résultat : toutes les compagnies françaises cherchent des mécaniciens et peinent à en trouver, alors que les rémunérations de la profession sont attractives : « Les mécaniciens les plus expérimentés sont mieux payés qu’un ingénieur », estime David Lary. De plus, le passage du statut de mécanicien d’hélicoptères militaires à mécanicien dans le civil est très complexe, l’armée cherchant elle aussi à empêcher l’évasion de ses effectifs.

Hélilagon emploie dix mécaniciens pour sa flotte de douze appareils.

« Il faut s’attaquer au problème en amont, en suscitant des vocations, poursuit le directeur général d’Hélilagon. Nous accueillons des stagiaires toute l’année, nous leurs faisons notamment rencontrer les anciens du lycée de Stella que nous avons embauchés. Nous avons besoin de jeunes qui ‘sentent’ la mécanique, plutôt que des meilleurs en maths. Nos portes sont ainsi ouvertes aux stagiaires de classe de troisième, nous accueillons aussi les groupes de l’association 1 000 Sourires, pour faire comprendre aux enfants des milieux modestes qu’entrer dans le monde de l’aérien n’est pas un rêve inaccessible… et que ce monde n’est pas uniquement constitué de pilotes ! »

Corail Hélicoptères, concurrente d’Hélilagon sur le créneau des survols touristiques, a également adhéré à Aéro Tech OI. Les compagnies d’hélicos s’entendent déjà pour mutualiser certains outillages très onéreux. « L’état des lieux est fait, nos besoins sont définis, résume David Lary. Le partenariat avec Aérocampus Aquitaine ouvre de nouvelles perspectives de formations initiales et continues dispensées localement. Il faut agir maintenant et vite. La pyramide des âges de nos mécaniciens fait que les départs à la retraite des plus qualifiés vont s’accélérer. »

Vingt-cinq hélicos commerciaux dans le ciel : Les compagnies réunionnaises certifiées pour transporter des passagers et effectuer du travail aérien représentent une flotte globale d’environ 25 hélicoptères. Hélilagon et Corail Hélicoptères sont les deux plus importantes. Hélilagon a la particularité d’opérer deux « HéliSmur », reconnaissables à leur couleur jaune, à La Réunion et à Mayotte. Les deux H135 sont en permanence à la disposition des équipes médicales réunionnaises et mahoraises pour des interventions ou des transports de malades en urgence.
La Réunion compte également quelques propriétaires d’hélicoptères privés.